La candidature de l'Écosse à l'UE ne tombera pas sans adhésion à l'euro, selon Nicola Sturgeon

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a rejeté les informations selon lesquelles les fonctionnaires de l’UE bloqueraient une demande d’adhésion d’une Écosse indépendante si celle-ci refusait de rejoindre l’euro.

Euractiv.com
Ministerial Statement on the outcome of the UK General Election
« Tous les pays de l’Union européenne ne rejoindront pas l’euro », a déclaré Nicola Sturgeon, citant l’ancien Premier ministre David Cameron. [Andrew Cowan/EPA/EFE]

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a rejeté les informations selon lesquelles les fonctionnaires de l’UE bloqueraient une demande d’adhésion d’une Écosse indépendante si celle-ci refusait de rejoindre l’euro.

Un rapport du Times, basé sur quatre sources européennes distinctes, affirmait que toute demande d’adhésion de l’Écosse serait rejetée si elle ne s’engageait pas à adhérer à l’euro également.

Dans son discours devant les législateurs du parlement écossais, jeudi (27 octobre), Mme Sturgeon a répété que les membres de l’UE n’ont pas été contraints d’adhérer à la monnaie unique.

« Tous les pays de l’Union européenne ne rejoindront pas l’euro », a-t-elle déclaré, citant l’ancien Premier ministre britannique David Cameron.

« La réalité, selon ces plusieurs responsables de l’Union européenne, est qu’une Écosse séparée du Royaume-Uni se verrait refuser l’entrée à moins qu’elle n’accepte d’adhérer à l’euro », a contesté Douglas Ross, le chef des conservateurs écossais.

« Qui ment au peuple écossais : l’Union européenne ou Nicola Sturgeon ? », a-t-il ajouté.

Bien que l’adhésion à la monnaie unique de l’UE soit une exigence standard pour les nouveaux membres potentiels, Mme Sturgeon et son Parti national écossais (SNP) soutiennent qu’une Écosse indépendante conserverait dans un premier temps la livre britannique « en attendant de passer à une livre écossaise ».

Le Danemark et la Suède – ainsi que le Royaume-Uni avant de quitter le bloc – avaient pris une position similaire, bien que la Suède soit également tenue légalement de rejoindre l’euro.

Lors du lancement d’un document de position sur l’économie écossaise après l’indépendance, publié au début du mois, Mme Sturgeon a insisté sur le fait que l’adhésion à l’euro n’était pas « la bonne option pour l’Écosse ». Le gouvernement du SNP a indiqué qu’il chercherait également à rejoindre l’espace de libre circulation Schengen de l’UE.

Mme Sturgeon a placé la perspective d’une réintégration dans l’Union européenne au cœur de sa campagne, à l’approche d’un second référendum sur l’indépendance de l’Écosse vis-à-vis du Royaume-Uni, prévu à l’automne 2023.

Les Écossais ont voté à près de deux contre un en faveur du maintien dans l’UE lors du référendum de 2016 sur le Brexit, ce qui a permis à Mme Sturgeon de souligner que le pays avait été sorti de l’Union contre son gré.

« L’avenir souhaité par la grande majorité des Écossais, qui est au sein de l’Union européenne, n’est désormais accessible à l’Écosse que si nous devenons indépendants », a-t-elle déclaré jeudi.

La voie vers l’adhésion de l’Écosse à l’Union européenne est toutefois incertaine, même si les électeurs se prononcent en faveur de l’indépendance.

Il n’est pas certain qu’une demande d’adhésion de l’Écosse à l’Union européenne soit accélérée, même si le fait d’avoir plus de 40 ans de législation européenne dans ses statuts ne laisse que peu de travail pour aligner l’Écosse sur l’acquis juridique de l’Union.

Le ministre des Finances écossais, John Swinney, du SNP également, a déclaré la semaine dernière que le délai prévu pour rejoindre l’UE serait de 10 ans, bien que les responsables européens aient refusé de commenter cette situation hypothétique.