La Chine dénonce la visite de la vice-présidente taïwanaise au Parlement européen

La Chine a condamné le Parlement européen pour avoir autorisé la vice-présidente taïwanaise, Hsiao Bi-khim, à s’adresser aux élus à Bruxelles la semaine dernière, qualifiant cette décision de violation du principe « d’une seule Chine ».

EURACTIV.com
[Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]

La venue de Hsiao Bi-khim n’avait pas été annoncée à l’avance. Elle s’est exprimée vendredi 7 novembre lors du sommet annuel de l’Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), qui a réuni cette année des législateurs et des experts du monde entier.

Dans un communiqué, la mission chinoise auprès de l’UE a dénoncé la décision du Parlement, l’accusant d’avoir permis à « des figures de premier plan du mouvement indépendantiste taïwanais » de participer au sommet et de « mener des activités séparatistes », en dépit de « la forte opposition » de la Chine.

La mission estime que cette décision « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la Chine […] et érode gravement la confiance politique mutuelle » entre Bruxelles et Pékin. Elle indique également avoir déposé une réclamation officielle auprès de l’UE.

Pour rappel, la Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et rejette toute mesure qu’elle considère comme un soutien à son indépendance.

Le principe d’« une seule chine » ne fait pas consensus

La députée européenne Miriam Lexmann (Parti populaire européen, PPE), l’une des organisatrices de l’évènement de vendredi, a rejeté cette accusation. « Je suis désolée de contredire la mission chinoise auprès de l’UE, mais le principe d’une seule Chine ne fait pas l’objet d’un consensus universel », a-t-elle écrit sur X.

Elle a rappelé que la résolution 2758 de l’ONU — souvent citée par Pékin — reconnaît la République populaire de Chine comme représentante de la Chine aux Nations unies, sans trancher la question de la souveraineté de Taïwan.

« Nous avons tout à fait le droit d’établir des relations avec Taïwan, et ce fut pour moi un honneur et un privilège, en tant que parlementaire, d’accueillir la vice-présidente », a-t-elle conclu.

Une sécurité renforcée

La visite avait été gardée secrète pour des raisons de sécurité.

Ces préoccupations n’étaient pas infondées : les services de renseignement tchèques ont rapporté plus tôt cette année que des agents chinois avaient évoqué des plans visant à faire sortir de la route la voiture de Hsiao Bi-khim lors d’une visite à Prague en mars 2024, alors qu’elle venait d’être élue.

Le fait que le discours ait été prononcé au Parlement européen était également significatif. Contrairement aux assemblées législatives nationales, celui-ci n’est pas soumis aux contraintes diplomatiques des États membres de l’UE, qui n’entretiennent pas de relations officielles avec Taipei.

Le bureau de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a été invité à commenter la déclaration de la mission chinoise, mais n’a pas répondu avant la publication de cet article.