La Chine est une menace « bien plus grande » que la Russie, selon François Fillon
Entendu au cours de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères, l’ancien Premier ministre français François Fillon a assuré que la Chine représentait une menace plus importante que la Russie.
Entendu au cours de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères, l’ancien Premier ministre français François Fillon a assuré que la Chine représentait une menace plus importante que la Russie.
François Fillon, Premier ministre pendant toute la mandature présidentielle de Nicolas Sarkozy (2007-2012), était auditionné mardi (2 mai) par la commission d’enquête sur les ingérences étrangères de l’Assemblée nationale, lancée sur initiative du groupe Rassemblement national (RN – extrême-droite) et présidée par le député RN Jean-Philippe Tanguy.
M. Fillon a notamment été interrogé sur les ingérences, avérées ou supposées, de la Russie dans la vie politique et économique française.
Après son passage à Matignon et après sa candidature à l’élection présidentielle de 2017 (Les Républicains – droite), il a exercé des activités de conseil et de mise en relation pour des entreprises souhaitant s’implanter en Russie.
Il a aussi siégé dans les conseils d’administration du pétrolier Zarubezhneft, détenu par l’État russe, à partir de juin 2021 et du géant russe de la pétrochimie Sibur, à partir de décembre 2021. Il a démissionné de ces postes peu après l’invasion de la Russie en Ukraine en février 2022.
Ingérence américaine
Lors de son audition, M. Fillon a, dans un premier temps, indiqué que, comme d’autres pays, la Russie se livre à des tentatives d’ingérence dans les pays étrangers. Mais de façon générale, ces ingérences, « la plupart du temps, elles venaient d’un pays ami et allié qui s’appelait les États-Unis. »
« J’ai été écouté avec le président Sarkozy pendant cinq ans par la NSA [l’Agence de sécurité nationale américaine] », a-t-il rappelé.
L’ancien Premier ministre a aussi fait référence à l’« espionnage chinois » et aux ingérences qui viendraient de « la Turquie, le Maroc, l’Algérie qui donnent directement des consignes de votes au moment des élections françaises par l’intermédiaire de responsables religieux ».
Quant à la Russie, il a appelé à ne pas surestimer la réalité et l’efficacité de ses ingérences : « la Russie est un immense pays, d’une assez grande fragilité en raison de ses dysfonctionnements internes », ce qui rendrait en partie inopérantes ses actions.
Dès une visite de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale en Russie en 1986, « nous étions convaincus qu’il n’y avait pas de menace sécuritaire existentielle de l’URSS », explique-t-il, « car c’était un système qui fonctionnait mal ».
L’ancien Premier ministre français a aussi dénoncé l’« immense hypocrisie dans [les] analyses » qui portent à considérer plus gravement la Russie que la Chine. Depuis peu, les Occidentaux se seraient rendu compte de la menace que la Chine représentait, et notamment les Américains, qui craignent de « perdre le leadership mondial ».
Cela représente « un risque de conflit majeur qui est le seul vrai risque de conflit mondial », juge M. Fillon. Selon lui, l’Europe et les médias européens ont commis une erreur de jugement en ne portant pas la même sensibilité vis-à-vis de la Russie et de la Chine.
D’ailleurs, abonde-t-il, « le régime chinois est un régime plus dur que le régime russe ».
Ainsi, du point de vue de l’ancien chef du gouvernement français « la Chine […] est une menace pour notre économie mondiale et notre influence dans le monde bien plus grande que la menace russe ».