La coalition des volontaires et les États-Unis formalisent des garanties de sécurité pour l'Ukraine
Emmanuel Macron a salué une « avancée significative » après la signature d’une déclaration d’intention entre la France, le Royaume-Uni et l’Ukraine sur le déploiement d’une force multinationale sur le sol ukrainien.
PARIS – Les dirigeants de la coalition des volontaires et les représentants des États-Unis se sont mis d’accord sur des garanties de sécurité pour l’Ukraine en cas de cessez-le-feu avec la Russie, et sur le déploiement d’une force militaire multinationale sur le terrain.
Des représentants de 35 pays, principalement européens, ont participé au sommet, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Les États-Unis étaient représentés par l’envoyé de Washington, Steve Witkoff, et par le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner.
Emmanuel Macron a salué une « avancée significative » après la signature d’une déclaration d’intention par la France, le Royaume-Uni et l’Ukraine, qui prévoit le déploiement d’une force multinationale sur le sol ukrainien.
« Il est important que la coalition dispose désormais de documents substantiels, et pas seulement de mots », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s’est félicité d’un « contenu concret » qui montre la détermination des différents partenaires à « travailler pour une véritable sécurité ».
Les garanties de sécurité pour l’Ukraine, une fois le cessez-le-feu conclu avec la Russie, ont été « largement finalisées », a indiqué Steve Witkoff. Lorsque le conflit prendra fin, « ce sera pour de bon », a-t-il assuré.
Selon un conseiller de l’Elysée, la déclaration de Paris a été endossée par les membres de la coalition et discutée en détail avec les États-Unis.
Les participants au sommet se sont engagés à mettre en place un « mécanisme de contrôle et de vérification du cessez-le-feu proposé par les États-Unis », selon un communiqué de la coalition des volontaires.
Plus tôt dans la journée, le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, s’était entretenu avec ses homologues britannique et ukrainien, ainsi qu’avec le commandant des forces américaines en Europe, afin de travailler sur les modalités de mise en œuvre des garanties de sécurité proposées à Paris.

Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron. (Laurent Geslin/Euractiv)
Selon Radio Free Europe, entre 15 000 et 30 000 soldats occidentaux pourraient être déployés sur le terrain « pour soutenir la reconstruction des forces armées ukrainiennes et appuyer la dissuasion ». La France et le Royaume-Uni fourniraient le gros des troupes, tandis que la Turquie serait chargée de sécuriser la mer Noire, « avec le soutien proposé des États-Unis ».
Les pays signataires de la déclaration de Paris se sont également engagés à financer l’armée ukrainienne, à poursuivre leurs livraisons d’armes et à fournir une assistance financière au gouvernement de Kiev. Des partenariats à long terme seront également établis avec la base industrielle et technologique de défense ukrainienne.
En décembre, les Européens étaient parvenus à s’accorder pour fournir à Kiev un prêt de 90 milliards d’euros pour la période 2026-2027. Il y a une semaine, Volodymyr Zelensky avait déclaré que l’accord de paix avec la Russie négocié avec les Américains et les Européens était « prêt à 90 % », mais que les questions territoriales n’étaient toujours pas réglées.

Keir Starmer et Emmanuel Macron. (Laurent Geslin/Euractiv)
Lundi, un conseiller d’Emmanuel Macron avait présenté cette nouvelle rencontre de la coalition des volontaires comme l’aboutissement des efforts entrepris il y a un an pour empêcher les Etats-Unis d’« abandonner l’Ukraine ». Mais Washington est-il toujours un partenaire fiable, alors que Donald Trump a réaffirmé ce week-end son intention de prendre le contrôle du Groenland ?
Emmanuel Macron a hier balayé toutes ces inquiétudes, saluant « l’engagement américain pour la paix », dont le président a dit n’avoir aucune raison de douter.
Avant la réunion de Paris, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni avaient exprimé leur soutien au Danemark dans une déclaration commune, réaffirmant l’importance des « principes de la Charte des Nations unies, en particulier la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières ».
Mardi soir, la Russie n’avait pas réagi aux conclusions de la déclaration de Paris. Moscou s’est jusqu’à présent toujours opposée au déploiement de troupes occidentales sur le territoire ukrainien.