La commissaire Lahbib participera à la Pride de Budapest, en dépit des recommandations d’Ursula von der Leyen

La commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib, participera avec plusieurs dizaines d’eurodéputés à la Pride de Budapest le 28 juin — un évènement interdit par le gouvernement de Viktor Orbán.

EURACTIV.com
European Humanitarian Forum Held In Brussels
La commissaire européenne Hadja Lahbib. [Getty Images/Omar Havana]

La commissaire européenne à l’Égalité, Hadja Lahbib, est jusqu’à présent la seule commissaire à avoir confirmé sa participation à la Pride de Budapest, interdite par le gouvernement hongrois. Cela va à l’encontre de précédentes recommandations de la présidente de la Commission, qui avait recommandé aux commissaires de ne pas participer à l’évènement.

En mai, Euractiv apprenait que le bureau de la présidente de la Commission européenne avait recommandé aux commissaires de s’abstenir de participer à la marche des fiertés de Budapest, qui se déroule le 28 juin, afin de ne pas provoquer Viktor Orbán.

Le gouvernement de Viktor Orbán a invoqué une loi adoptée mi-mars par le parlement hongrois interdisant ce type d’évènements — un texte qui a pour objectif de faire respecter une législation de 2021 interdisant de faire la promotion auprès « l’homosexualité et le changement de sexe » auprès des enfants.

Le maire écologiste de Budapest, Gergely Karácsony, était ensuite intervenu pour soutenir la marche, mais la police hongroise a annoncé jeudi 19 juin qu’elle l’interdirait bel et bien. Une annonce qui est intervenue quelques heures après que la participation de Hadja Lahbib ait été confirmée par des responsables de la Commission, selon Politico.

Hadja Lahbib devrait rencontrer des groupes de la société civile dans la capitale hongroise et sera rejointe par 70 législateurs européens issus de groupes centristes et de gauche. Une membre du Parti populaire européen (PPE, centre-droit), Maria Walsh, sera également présente à la Pride, malgré les demandes de ses collègues hongrois de ne pas se rendre à Budapest.

Le chef de l’opposition hongroise, Péter Magyar, aurait invité les membres de son mouvement, Tisza, à réfléchir avant de participer, par crainte que leur présence ne serve les intérêts du Premier ministre Viktor Orbán.

« Nous avons demandé aux gens de considérer que cela pourrait aider Orbán, mais nous n’avons interdit à personne de s’y rendre », précise une source proche du parti Tisza de Péter Mágyar.

À un an des élections législatives, les derniers sondages d’opinion suggèrent que le Fidesz de Viktor Orbán est devancé de 15 % par Tisza.

« [Viktor] Orbán a tendu un piège en semant la confusion autour de la Pride. Si nous tombons dans ce piège, nous l’aidons à détourner l’attention de ce qu’il a à cacher », a ajouté un porte-parole du PPE.

La Commission examine actuellement les lois anti-LGBTQ+ adoptées par la Hongrie en 2021, notamment en ce qui concerne la vie privée et la protection des données, alors que l’utilisation de la reconnaissance faciale sur les manifestants suscite des inquiétudes.

Au début du mois, Tamara Ćapeta, avocate générale de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), a déclaré que Budapest avait enfreint le droit européen en interdisant ou en restreignant les contenus LGBTQ+.

Ces avis ont généralement une influence sur le jugement final de la plus Cour de justice de l’UE (CJUE), qui est attendu à l’automne 2025.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]