La commission AGRI s’écharpe sur la parité hommes-femmes dans sa direction
La commission de l’Agriculture (AGRI) du Parlement européen a élu l’eurodéputée tchèque Veronika Vrecionová à sa présidence, mais a reporté le vote sur l’un de ses vice-présidents après un différend relatif à la parité hommes-femmes au sein de son bureau.
La commission de l’Agriculture (AGRI) du Parlement européen a élu mardi (23 juillet) l’eurodéputée tchèque Veronika Vrecionová à sa présidence, mais a reporté le vote sur l’un de ses vice-présidents après un différend relatif à la parité hommes-femmes au sein de son bureau.
Après avoir choisi leur présidente, les eurodéputés de la commission AGRI devaient élire quatre vice-présidents et vice-présidentes. La composition finale du bureau, élu pour deux ans et demi, doit observer un équilibre entre les hommes et les femmes, conformément aux règles du Parlement à ce sujet.
Le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) a proposé Veronika Vrecionová, qui a été coordinatrice du groupe au sein de la commission pendant la législature 2019-2024, au poste de présidente. Aucun autre candidat ne s’est présenté et elle a été élue par 31 voix pour, 8 contre et 10 abstentions.
Après un vote sur trois vice-présidents, Mme Vrecionová a été contrainte de repousser le vote sur le dernier candidat au mois de septembre, sous l’impulsion de l’eurodéputé socialiste français Christophe Clergeau.
L’eurodéputé roumain Daniel Buda, du Parti populaire européen (PPE), sera le premier vice-président de la commission AGRI et l’Allemand Norbert Lins, également membre du parti de centre droit, deviendra son deuxième vice-président. Ce dernier a présidé la commission au cours de la précédente législature.
L’eurodéputé français Eric Sergiacomo du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D) a ensuite été élu troisième vice-président, rompant ainsi l’équilibre entre les genres, qui est de mise pour les postes de vice-présidents.
Le PPE a ensuite proposé l’eurodéputé polonais Krzysztof Hetman pour le quatrième siège, ce qui signifierait que les quatre vice-présidents seraient tous des hommes. L’eurodéputé Christophe Clergeau a alors demandé que le vote soit reporté.
« Nous venons d’élire une femme présidente, je m’en réjouis, mais nous avons maintenant trois candidats qui sont des hommes », a déclaré l’eurodéputé français, appelant au respect des règles du Parlement en matière de parité hommes-femmes.
Christophe Clergeau, membre du Parti socialiste (PS, S&D), a expliqué que lundi soir, la Conférence des présidents — composée des chefs de file des groupes politiques et de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola — a convenu d’une dérogation aux règles de parité pour la nomination des bureaux de certaines commissions, dont la commission AGRI.
Regrettant cette décision, il a finalement obtenu suffisamment de soutien pour reporter la décision sur le quatrième vice-président de la commission AGRI à septembre, avec 23 voix pour et 21 contre.
Les eurodéputés du nouveau groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe n’ont pas pris part au vote, ayant quitté l’hémicycle après que leur candidate à la deuxième vice-présidence de la commission, l’Espagnole Mireia Borrás Pabón (Vox), a été supplantée par M. Lins.
Le « cordon sanitaire » tient bon
La candidature de Mme Borrás à la deuxième vice-présidence n’a recueilli que 10 voix, tandis que M. Lins a été soutenu par 36 des 49 eurodéputés de la commission.
La coalition pro-UE composée des groupes PPE, S&D, Renew (libéraux) et des Verts s’est opposée à sa candidature, maintenant ainsi un « cordon sanitaire ». Celui-ci vise à empêcher systématiquement l’extrême droite, exception faite du groupe CRE, d’obtenir des postes de premier plan, bien que les Patriotes pour l’Europe soient la troisième force au Parlement européen en termes de sièges (84 sièges), juste derrière le PPE (188) et les socialistes (136).
« Pour mettre en œuvre le cordon sanitaire, les socialistes et [le PPE] ont même dû violer le principe de l’égalité des genres dans les commissions », a fustigé l’eurodéputé italien Paolo Borchia (Lega, Patriotes) dans un communiqué de presse.
Le nouveau groupe avait déjà dénoncé la semaine dernière l’entrave à leur accession aux 14 postes de vice-présidents du Parlement européen.
[Édité par Anna Martino]