La Commission approuve le plan budgétaire de l’Autriche, une victoire pour l’extrême droite
La Commission européenne a approuvé le plan budgetaire de l’Autriche et décidé de ne pas la soumettre à une procédure de déficit excessif — une grande victoire pour le Parti de la liberté (FPÖ) d’Herbert Kickl.
La Commission européenne a approuvé le plan budgetaire de l’Autriche et décidé de ne pas la soumettre à une procédure de déficit excessif — une grande victoire pour le Parti de la liberté (FPÖ) d’Herbert Kickl.
En début de semaine, le FPÖ et son futur partenaire de coalition, le Parti populaire autrichien (ÖVP) conservateur, ont soumis à Bruxelles un budget de réduction du déficit visant à ramener celui de l’Autriche sous la limite de 3 % du PIB annuel fixée par l’Union européenne. Vendredi, la Commission a donc décidé de ne pas lancer de procédure de déficit excessif (PDE) contre Vienne.
Le plan, examiné mardi à Bruxelles par de hauts fonctionnaires de l’UE et du gouvernement autrichien, propose des économies budgétaires de 6,4 milliards d’euros, soit l’équivalent de 1,7 % du PIB annuel de l’Autriche. Il prévoit notamment une forte réduction des compensations accordées aux ménages au titre de la taxe carbone et une diminution des avantages fiscaux accordés pour l’achat de véhicules électriques et de panneaux solaires.
« La Commission considère que les mesures concernées constituent une base suffisante pour ramener le déficit budgétaire autrichien sous la barre des 3 % d’ici la fin de l’année », a annoncé Balazs Ujvari, porte-parole de la Commission européenne.
Ce dernier a toutefois ajouté que Bruxelles garderait un œil sur la situation budgétaire de Vienne au cours des prochains mois, en particulier en avril, lorsque de nouvelles données sur la situation fiscale de l’Autriche à la fin de 2024 devraient être publiées.
Cette décision n’avait pas été anticipée par de nombreux analystes. L’agence de notation Fitch avait par ailleurs déclaré la semaine dernière que les perspectives économiques « faibles » de l’Autriche et la « détérioration des perspectives fiscales » signifiaient qu’il était « improbable » d’éviter une procédure de déficit excessif.
De nombreuses capitales européennes peinent à respecter les règles budgétaires de l’Union, revenues en vigueur l’année dernière après avoir été suspendues pendant la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Huit États membres, dont l’Italie et la France, font actuellement l’objet d’une PDE.
La décision de la Commission concernant l’Autriche sera officiellement approuvée par les ministres des Finances de l’UE lors d’une réunion à Bruxelles mardi prochain.
L’annonce de la Commission est la dernière victoire en date pour le parti d’extrême droite FPÖ. En effet, suite à l’échec des négociations de la coalition centriste menée par l’ÖVP au début de l’année, qui a conduit le conservateur Karl Nehammer à démissionner de son poste de chancelier, le président autrichien a chargé Herbert Kickl de former un nouveau gouvernement. Ce serait le premier gouvernement d’extrême droite de Vienne depuis la Seconde Guerre mondiale.
[Édité par AM]