La Commission craint le pire pour l’Espagne et récompense la Hongrie
L’Espagne risque de tomber dans une spirale d’endettement si son secteur bancaire ne se redresse pas. C’est ce qu’a indiqué la Commission hier (30 mai) dans une série de rapports sur chacun des Etats membres. Chypre et la France ont également reçu des avertissements.
L’Espagne risque de tomber dans une spirale d’endettement si son secteur bancaire ne se redresse pas. C’est ce qu’a indiqué la Commission hier (30 mai) dans une série de rapports sur chacun des Etats membres. Chypre et la France ont également reçu des avertissements.
Dans son rapport sur l'Espagne, la Commission a expliqué que la réforme du secteur bancaire présentée ce mois-ci n'allait pas suffisamment loin et devait être assortie de dispositions sur les prêts hypothécaires et les crédits accordés aux petites entreprises.
Elle a ajouté qu'à moins d'un changement de politique, la dette de l'Espagne atteindrait 100 % de son PIB d'ici 2020. Avant la crise, la dette de l'Espagne ne représentait que 35 % de son PIB, l’un des taux les plus bas de la zone euro.
La Grèce pourrait contaminer Chypre
L'Espagne a de nouveau vu ses rendements obligataires à dix ans grimper en flèche hier, alors que les décideurs politiques tentent de trouver le moyen de pallier le manque criant de liquidités du secteur bancaire du pays.
Certains pensent que Chypre sera le prochain pays de la zone euro à nécessiter un renflouement en raison de son exposition à la Grèce. Il lui a été recommandé de réduire ses dépenses cette année pour diminuer son déficit, de reculer l'âge de la retraite et de réduire les salaires du secteur public.
Le rapport sur l'Italie s'est révélé moins désastreux que le laissait entendre un premier projet de rapport.
Quant à la France, la Commission a fait savoir au président, François Hollande, que son programme de croissance devrait faire face à de sérieuses contraintes.
M. Hollande souhaiterait axer la stratégie européenne sur la croissance et adoucir les politiques d'austérité souhaitées par l'Allemagne qui, selon certains économistes, font suffoquer les économies nationales. La France devra toutefois atteindre ses objectifs si la zone euro veut regagner de la crédibilité vis-à-vis des investisseurs.
Dans son évaluation annuelle des performances économiques de la France, la Commission a martelé que la France aurait encore du chemin à parcourir avant de repasser sous la barre des 3 % du PIB. Selon l'exécutif européen, la consolidation budgétaire est l'un des défis majeurs que la France devra relever. Il a ajouté que pour corriger son déficit excessif d'ici 2013, la France devrait faire des efforts supplémentaires.
Bonne nouvelle pour Viktor Orbán
Dans le même temps, la Commission a demandé que la Hongrie ait de nouveau accès au demi-milliard d'euros d'aides de développement qui avaient été gelées pour la récompenser d'avoir lutté contre son déficit budgétaire, ce qui ouvre la voie à la levée de cette sanction par les ministres européens des finances le mois prochain.
Les ministres des finances avaient en effet bloqué 495 millions d'euros d'aides européennes en mars dernier pour punir le pays qui n'était pas parvenu à diminuer son déficit de manière durable depuis son adhésion en 2004. Une résolution rapide de ce différend serait une victoire pour le premier ministre, Viktor Orbán.
La levée des sanctions permettrait par ailleurs d'apaiser les tensions avec Bruxelles qui avait interrompu les discussions sur une éventuelle aide financière d'urgence pour soutenir les marchés financiers hongrois et maintenir les coûts d'emprunt du pays sous contrôle.
Le forint a repris du galon suite aux propos tenus par le président de la Commission, José Manuel Barroso, lors de la conférence de presse.
« Nous […] recommandons que la suspension de l'allocation des fonds de cohésion à la Hongrie soit levée, dans la mesure où ils ont pris les mesures nécessaires pour corriger leur déficit excessif », a déclaré M. Barroso.