La Commission européenne ouvre une enquête sur le rachat Vivendi-Lagardère

La Commission européenne a ouvert mardi (25 juillet) une enquête formelle sur l’acquisition de l’éditeur Lagardère par le conglomérat multimédia français Vivendi, craignant que l’opération n’ait été mise en œuvre avant que l’autorité européenne n’ait donné son feu vert.

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Selon ces conditions, Vivendi, propriété du milliardaire français et magnat des médias Vincent Bolloré, devait vendre sa filiale Editis, deuxième groupe d’édition français, et son magazine hebdomadaire Gala.

La Commission européenne a ouvert mardi (25 juillet) une enquête portant sur l’acquisition de l’éditeur Lagardère par le conglomérat multimédia français Vivendi, craignant que l’opération n’ait été mise en œuvre avant que l’autorité européenne n’ait donné son feu vert.

Le 9 juin, le service de la concurrence de l’UE a autorisé la fusion des deux principaux acteurs français du secteur des multimédias sous conditions, afin d’empêcher une trop grande concentration du marché dans le secteur français de l’édition.

Selon ces conditions, Vivendi, propriété du milliardaire français et magnat des médias Vincent Bolloré, devait vendre sa filiale Editis, deuxième groupe d’édition français, et son magazine hebdomadaire Gala.

Vivendi a signé une promesse d’achat le 23 avril pour vendre Editis à International Media Invest, un conglomérat de médias possédé par un milliardaire Tchèque, mais n’a pas encore confirmé d’acheteur pour Gala.

Cependant, ce mardi, la Commission a annoncé qu’elle avait ouvert une enquête pour déterminer si Vivendi avait enfreint les obligation de notification et de suspension d’achat propres au règlement sur les concentrations de l’UE lors de l’acquisition de Lagardère.

Le règlement sur les concentrations permet à la Commission d’évaluer les fusions et acquisitions d’entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse un certain seuil, afin de bloquer les fusions susceptibles d’entraver une concurrence loyale dans l’Espace économique européen.

Le règlement prévoit également une obligation de notification selon laquelle toute acquisition au sein de l’UE doit être notifiée à la Commission. Il est également interdit de procéder à une acquisition avant l’approbation de la Commission — c’est ce que l’on appelle l’« obligation de suspension d’achat ».

La nouvelle enquête, qui est une procédure distincte de celle relative à l’autorisation de la concentration, porte également sur les conditions et les obligations liées à l’autorisation de l’opération Vivendi-Lagardère.

« Nous prenons très au sérieux toute violation de ces procédures. À ce stade, la Commission a réuni suffisamment d’éléments pour ouvrir une enquête formelle afin de déterminer si Vivendi a respecté nos procédures », a déclaré Margrethe Vestager, commissaire européenne à la Concurrence.

Vivendi a déclaré à l’AFP qu’elle coopérerait pleinement avec l’enquête, mais qu’elle n’avait pas de détails à communiquer à ce stade.

Si l’enquête révèle que l’opération a été mise en œuvre avant que le feu vert n’ait été donné, que ce soit intentionnellement ou par négligence, Vivendi pourrait se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires total.

Le contexte français

Christophe Deloire, secrétaire général de l’ONG Reporters sans frontières, s’est dit satisfait de l’enquête de la Commission, tout en s’inquiétant qu’elle arrive trop tard.

L’ONG s’est déjà exprimée sur l’acquisition par Vivendi du Journal du dimanche et de Paris Match.

Depuis la fusion, le PDG de Vivendi, Vincent Bolloré, a décidé de nommer Geoffroy Lejeune, un ancien journaliste de Valeurs actuelles, un journal connu pour sa ligne éditoriale proche des idées d’extrême droite, à la tête du Journal du dimanche.

Cette décision a déclenché un mouvement de grève sans précédent parmi les journalistes du Journal du dimanche. La grève dure depuis 34 jours, et 99 % des employés ont voté en faveur de sa reconduction mercredi (26 juillet).

[Théophane Hartmann a contribué à la rédaction de cet article.]