La Commission européenne valide la fusion E.ON-Endesa [FR]

Le régulateur européen pour la concurrence a autorisé le rachat d'Endesa par E.ON pour un montant de 29,1 milliards d'euros, intensifiant la pression sur les autorités espagnoles pour qu'elles ne bloquent pas l'offre du géant allemand.

Le régulateur européen pour la concurrence a autorisé le rachat d’Endesa par E.ON pour un montant de 29,1 milliards d’euros, intensifiant la pression sur les autorités espagnoles pour qu’elles ne bloquent pas l’offre du géant allemand.

« Après avoir examiné l’opération, la Commission est parvenue à la conclusion que le projet d’opération n’entraverait pas de façon significative une concurrence effective » sur les marchés européens de l’énergie et a « donc approuvé la concentration, » a déclaré l’exécutif européen dans un communiqué ce mardi (25 avril 2006).

La Commission a indiqué avoir pris cette décision après confirmation que les deux entreprises avaient des activités qui « ne se chevauchaient que de façon limitée » sur les marchés de l’électricité français, italien, allemand et polonais et ne se chevauchaient pas du tout sur leurs marchés nationaux respectifs du gaz naturel.

Le feu vert de l’UE est un revers pour l’Espagne qui vient d’adopter une nouvelle loi renforçant les pouvoirs de son régulateur national pour bloquer le rachat de ses entreprises nationales par des entreprises étrangères. La Commission a déjà fait savoir qu’elle se réservait le droit de déclarer cette nouvelle législation illégale, le dernier mot lui revenant pour tout ce qui a trait à la concurrence.

Bruxelles a également riposté aux mesures de certains gouvernements européens visant à protéger leurs « champions » nationaux de l’énergie contre d’éventuelles OPA menées par leurs concurrents européens, phénomène récemment illustré en France avec la fusion GDF-Suez. Les accusations de protectionnisme ont été rejetées par les autorités françaises qui ont soutenu que les entreprises de service public doivent être suffisamment grandes pour réunir les investissements nécessaires dans les infrastructures de gaz et d’électricité exigés par Bruxelles (EURACTIV, 1er mars 2006).

La Commission surveille actuellement les marchés européens de l’énergie de très près. Les premiers résultats d’une enquête sur la concurrence a confirmé que les marchés de l’électricité et du gaz sont encore isolés « en raison des différents niveaux de libéralisation qu’ils ont atteints, des barrières réglementaires existantes ainsi que de l’absence de capacité d’interconnexion » entre les pays (EURACTIV, 17 févr. 2006). Elle a récemment lancé des procédures d’infraction à l’encontre de l’Allemagne, de l’Espagne et d’autres pays qui se montrent réticents à mettre en oeuvre la législation européenne relative à la libéralisation des marchés de l’énergie (EURACTIV, 5 avril 2006).