La Commission fait de Galiléo un projet 100% public
Face à la lenteur des industriels à mettre en œuvre le projet européen de navigation par satellite Galileo, la Commission européenne a annoncé le 16 mai une remise à plat du programme. Un financement entièrement public succède au partenariat public-privé prévu à l’origine.
Face à la lenteur des industriels à mettre en œuvre le projet européen de navigation par satellite Galileo, la Commission européenne a annoncé le 16 mai une remise à plat du programme. Un financement entièrement public succède au partenariat public-privé prévu à l’origine.
En bref :
Pour concurrencer le système de navigation et de repérage américain GPS, l’Union européenne a lancé en 2000 le projet Galileo, qui prévoyait la mise sur orbite de 30 satellites autour de la terre d’ici 2008. Aujourd’hui, seuls quatre satellites sont en orbite et l’on parle désormais de 2012 pour les 26 restants.
Le financement du projet (construction et lancement) devait être assuré par un consortium public et privé réunissant l’Union européenne et huit industriels (le géant de l’aérospatiale EADS, les français Thales et Alcatel-Lucent, le britannique Inmarsat, l’italien Finmeccanica, les espagnols AENA et Hispasat et le duo allemand Deutsche Telekom – Centre aérospatial allemand). Le projet devait être financé par l’UE à hauteur de 30%, le reste par les industriels. L’importance des investissements nécessaires et la volonté de chaque pays de s’accaparer le projet lui ont fait prendre au moins quatre ans de retard.
La présidence allemande de l’UE et la Commission européenne ont donc décidé d’agir pour faire avancer le dossier. Le 10 mai 2007, avait été fixée par le commissaire européen aux Transports, Jacques Barrot comme date butoir, pour l’élaboration d’un nouveau projet de la part des industriels. Mais avant même la fin de l’ultimatum, les choses s’engageaient mal pour l’avenir du consortium privé-public.
Michele Cercone, le porte parole du commissaire européen aux transports, déclarait, trois jours avant l’échéance : « le scénario actuel ne pourra pas fonctionner ». « Aucun projet comme Galileo n’a jamais été financé avec de l’argent privé. Il n’est donc pas étonnant que les autorités publiques se chargent de construire la totalité de l’infrastructure ».
Le 16 mai, la Commission européenne a donc décidé de faire de Galileo un projet entièrement financé par des fonds publics. Il reste encore à l’Union européenne à trouver les 2,4 milliards d’euros nécessaires jusqu’à présent pris en charge par le secteur privé. Bruxelles va donc lancer un appel d’offre, pour récolter environ 400 millions d’euros par an, entre 2007 et 2012 sans quoi le nombre de satellites pourrait passer de 30 à 18. Une fois opérationnel, les industriels seront responsables de l’exploitation du système. Des contrats de concessions de 20 ans sont prévus.
Les ministres des transports européens doivent se rencontrer le 7 juin prochain à Luxembourg pour poursuivre les discussions. D’autres questions restent encore en suspens comme la répartition des contrats entre les sociétés européennes ou le déploiement des infrastructures dans les États membres. La nouvelle donne pourrait dépendre de l’implication financière de chacun.