La Commission ignore la proposition de créer un fonds de santé dédié aux réfugiés ukrainiens

La Commission européenne a éludé une proposition émanant des pays de l’Est visant à mettre en place un fonds spécifique pour couvrir les frais médicaux des réfugiés ukrainiens dans les États membres de l’UE.

EURACTIV.com
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La proposition, figurant dans une déclaration commune initiée par la Pologne et soutenue par dix autres pays d’Europe de l’Est, a été présentée lors de la dernière réunion des ministres des 27 États membres de l’UE à Bruxelles, mardi 29 mars. [<a href="https://newsroom.consilium.europa.eu/events/20220329-employment-social-policy-health-and-consumer-affairs-council-health-march-2022/PressConference-16906/134942" target="_blank" rel="noopener">[EU Council]</a>]

La Commission européenne a éludé une proposition émanant des pays de l’Est visant à mettre en place un fonds spécifique pour couvrir les frais médicaux des réfugiés ukrainiens dans les États membres de l’UE.

La proposition, figurant dans une déclaration commune initiée par la Pologne et soutenue par dix autres pays d’Europe de l’Est, a été présentée lors de la dernière réunion des ministres des 27 États membres de l’UE à Bruxelles, mardi 29 mars.

Les pays à l’origine de cette déclaration commune sont la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.

Les pays limitrophes de l’Ukraine, en particulier, accueillent de nombreux réfugiés. La Pologne est le pays qui en a reçu le plus, avec un total de 2 336 799 réfugiés à ce jour, selon l’ONU.

L’appel de l’Est souligne la pression supplémentaire exercée sur les systèmes de santé à la suite de la pandémie de Covid-19 et maintenant par les nombreux réfugiés ukrainiens, et qualifie les défis d’« importants ».

Ils ont demandé la création du fonds en activant l’article deux du règlement sur l’aide d’urgence au sein de l’UE, qui stipule que l’aide d’urgence peut être activée « en cas de catastrophe actuelle ou potentielle » avec une décision du Conseil basée sur une proposition de la Commission.

Cependant, la Commission européenne ne semble pas désireuse de déclencher l’article deux dans l’immédiat.

Interrogée par EURACTIV sur la déclaration commune lors d’une conférence de presse qui a suivi la réunion ministérielle, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, a souligné toutes les initiatives qui sont déjà en action pour soutenir les systèmes de santé.

« Nous faisons tout notre possible pour soutenir les États membres face aux besoins sans précédent auxquels ils sont confrontés en termes de santé, mais nous devons également nous pencher sur d’autres besoins tels que l’éducation et le logement, la priorité essentielle étant la protection des enfants », a déclaré Mme Kyriakides.

Elle a souligné le financement de 17 milliards d’euros déjà disponible par le biais des fonds de cohésion, qui peuvent également être consacrés aux soins de santé. Sur cette somme, 3,4 milliards d’euros seront immédiatement disponibles pour les États membres accueillant des réfugiés.

« Des fonds importants sont disponibles pour le soutien aux dépenses de santé si les États membres décident de les utiliser à cette fin », a conclu Mme Kyriakides.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, représentant la présidence du Conseil, a déclaré que d’autres pays avaient également exprimé leur intérêt à explorer cette idée et que d’autres soutenaient le principe d’un soutien financier.

Il a toutefois réaffirmé la réponse de Mme Kyriakides concernant le déploiement potentiel d’autres fonds européens, soulignant les initiatives déjà en cours, telles que la libération de lits d’hôpitaux et l’accueil de patients ukrainiens hospitalisés dans d’autres pays.

« Nous voulons faire en sorte que les systèmes de santé des pays en première ligne, comme la Pologne, ne soient pas débordés », a conclu M. Verán.