La Commission prend des mesures pour mieux répondre aux besoins du secteur des services sociaux

La Commission européenne a donné son feu vert à la création du comité de dialogue social européen consacré aux services sociaux, qui visera à améliorer les conditions de travail, l’évolution des emplois, les compétences ainsi que l’attractivité des services sociaux.

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Le nouveau comité rassemblera des employeurs européens et des organisations syndicales du secteur social, qui émettront des avis et des recommandations à l’intention de la Commission sur les initiatives concernant la politique sociale et de l’emploi et l’évolution de la politique européenne. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/rehab-elderly-people-536383975" target="_blank" rel="noopener">SHUTTERSTOCK-GagliardiPhotography</a>]

La Commission européenne a donné son feu vert lundi (10 juillet) à la création du comité de dialogue social européen consacré aux services sociaux, qui visera à améliorer les conditions de travail, l’évolution des emplois, les compétences ainsi que l’attractivité des services sociaux.

L’exécutif de l’UE a annoncé sa décision dans le cadre du suivi de la stratégie européenne en matière de soins présentée en 2022 et de l’initiative de 2023 de dialogue social.

« La Commission a souligné l’importance du secteur des services sociaux dans la stratégie européenne en matière de soins et le comité est appelé à jouer un rôle fondamental dans sa mise en œuvre », a déclaré le commissaire européen à l’Emploi et aux Affaires sociales et à l’Insertion, Nicolas Schmit, dans une lettre sur la création du comité, consultée par EURACTIV.

Le nouveau comité rassemblera des employeurs européens et des organisations syndicales du secteur social, qui émettront des avis et des recommandations à l’intention de la Commission sur les initiatives concernant la politique sociale et de l’emploi et l’évolution de la politique européenne.

Ce comité encouragera et développera le dialogue social à l’échelle européenne, nationale et locale et mènera des échanges sur des sujets d’intérêt mutuel, entre autres.

« Je suis convaincu que le nouveau comité apportera une réelle valeur ajoutée aux employeurs et aux travailleurs du secteur et contribuera à améliorer la situation du secteur […], notamment les conditions de travail, l’attractivité du secteur, la rétention de la main-d’œuvre ainsi que le perfectionnement et la reconversion professionnels », a déclaré le commissaire.

Établis en 1998, les comités de dialogue sectoriel favorisent le dialogue entre les partenaires sociaux dans ces secteurs à l’échelle européenne : ils fonctionnent comme des organes centraux de consultation, d’initiatives conjointes et de négociation.

Programme de travail

Les priorités du projet de programme de travail du nouveau comité consacré aux services sociaux comprennent les conditions de travail, l’évolution des emplois, les compétences et l’attractivité dans le but de fournir des services de qualité, accessibles et abordables.

Cet organisme permettra également aux services sociaux de renforcer leurs capacités, d’être plus visibles et de mieux contribuer aux politiques sociales publiques, selon un communiqué de presse conjoint de la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP), qui représente les travailleurs européens du secteur, et de la Fédération des employeurs sociaux européens.

Le Secrétaire général de la FSESP, Jan Willem Goudriaan, a indiqué : « nous attendons de la Commission qu’elle alloue les ressources essentielles nécessaires, à savoir l’engagement politique et le soutien pratique ».

Il a ajouté qu’il attendait avec impatience « un dialogue ambitieux et constructif avec nos partenaires sociaux […] pour apporter les changements profonds nécessaires ».

Participeront au comité la Fédération des employeurs sociaux européens et le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE), au nom des employeurs européens des services sociaux, ainsi que la FSESP. L’Union Network International-Europa (UNI-Europa) et la Confédération européenne des syndicats indépendants (CESI) feront également partie de la délégation des travailleurs aux réunions plénières.

Le comité consacré aux services sociaux représentera environ neuf millions de travailleurs de toute l’Union européenne. Le secteur des soins est l’un de ceux qui connaissent la croissance la plus rapide dans l’UE : en 2022, les services sociaux représentaient près de 5 % de la main-d’œuvre totale du bloc.

Le nombre de travailleurs dans ce secteur a augmenté de 15,5 % en dix ans, soit le double du pourcentage moyen de l’ensemble de la main-d’œuvre de l’UE. Cependant, le secteur est également confronté à de grands défis, notamment en ce qui concerne les pénuries croissantes de personnel et, en parallèle, les besoins croissants en matière de soins pour une population vieillissante, selon le communiqué de presse.

« Le secteur des services sociaux se caractérise depuis longtemps par des salaires peu élevés, des conditions de travail pénibles, des emplois précaires et des stéréotypes de genre préjudiciables », a déclaré M. Goudriaan, ajoutant que « l’une des solutions les plus importantes à ce problème réside dans le dialogue social et les négociations collectives ».

Un accueil globalement favorable

L’année dernière, la Commission a présenté sa stratégie européenne en matière de soins, qui a suscité des réactions globalement positives, mais également quelques critiques concernant certaines lacunes que l’exécutif européen n’a pas comblées, notamment en ce qui concerne les disparités de genre dans le secteur des soins.

La Commission a reconnu à son tour que le secteur des soins devait être rendu « plus attractif ».

« Il est évident que dans certains domaines, en particulier des soins, nous avons besoin de personnes venant de l’extérieur [de l’UE], mais […] nous devons d’abord revaloriser ces professions, les rendre plus attrayantes également pour les personnes [résidant] à l’intérieur [des frontières] de l’Union européenne au moyen de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail », avait déclaré M. Schmit à EURACTIV au printemps dernier.

Pour faire face aux pénuries, attirer et retenir les travailleurs qualifiés, Gregor Tomschizek, président de la Fédération des employeurs sociaux européens, a souligné qu’il était nécessaire de disposer d’une formation et de compétences avancées, d’améliorer les conditions de travail et de rendre les emplois dans le secteur des soins plus attrayants.

« Le dialogue social est essentiel dans ce processus. La Fédération des employeurs sociaux européens se réjouit d’une coopération positive et fructueuse, en tant que partenaire social au sein du comité de dialogue social sectoriel consacré aux services sociaux », a-t-il déclaré.

Coopérer avec les autres comités

Il s’agit du 44e comité de dialogue social européen et du premier créé depuis plus de dix ans. Les autres comités existants rassemblent des employeurs et des syndicats issus d’un large éventail de secteurs de l’économie européenne, dont l’agriculture, la construction, l’éducation, les services financiers, les hôpitaux et les télécommunications, entre autres.

M. Schmit a souligné dans sa lettre la nécessité de coopérer avec les comités couvrant des domaines similaires ou liés, « en évitant les chevauchements et en garantissant les synergies ».

La première réunion du comité de dialogue social européen consacré aux services sociaux devrait avoir lieu au cours du dernier trimestre de cette année, lorsque le règlement intérieur du comité et son programme de travail seront officiellement adoptés.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]