La Commission surveille de près les déséquilibres de l’économie française
La France fait partie des 14 pays pour lesquels Bruxelles veut mener un examen approfondi.
La France fait partie des 14 pays pour lesquels Bruxelles veut mener un examen approfondi.
L’implication accrue de Bruxelles dans la surveillance des économies nationales se poursuit, avec la publication simultanée, le 28 novembre, de rapports faisant état des problèmes récurrents dans l’Union en général et dans certains pays en particulier.
Dans un document d’une trentaine de pages, baptisé « rapport sur le mécanisme d’alerte », la Commission met en relief les déséquilibres macro-économiques rencontrés dans 14 pays européens, dont la France. Comme en mai dernier, Bruxelles pointe la faiblesse du commerce extérieur tricolore.
La faiblesse des exportations françaises inquiète
« La France a continué à perdre des parts de marché à l’export », même si cette dégradation se fait à un rythme plus lent, note la Commission. Le déséquilibre de la balance commercial française est le résultat d’une détérioration persistante de la compétitivité prix et hors prix, poursuit-elle. Un déclin qui progressera si aucune action politique « décisive » n’est prise, avertit la Commission.
Sur 5 ans, les exportations françaises ont reculé de 11,2%, quand le seuil d’alerte établi au niveau européen est de 6%… Mais la France est loin d’être la seule dans ce cas : le Royaume Uni (-24,2%), la Finlande (-22,9%), le Danemark (-16,9%) ou l’Italie (-18,4%) sont encore plus mal en point.
Dans ces conditions, Bruxelles va examiner de plus près la vulnérabilité des pays dont les indicateurs sont au rouge. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre des nouvelles procédures prévues par la législation européenne baptisée 6-pack adoptée l’an dernier et dotée d’un arsenal de sanctions renforcées si les gouvernements rechignent à corriger leur trajectoire économique.
Les conclusions sur les déséquilibres sont complétées par un examen annuel de croissance, prévu par le « semestre européen », nouvelle pratique permettant à la Commission et aux Etats d’avoir une meilleure supervision de la santé économique de l’Union.
Préférer la baisse des dépenses publiques aux hausses d’impôts ?
Dans ce rapport, la Commission énumère les mesures qui permettraient selon elle de rétablir les comptes publics des Etats sans trop affecter la croissance. Elle estime ainsi que les baisses de dépenses publiques sont moins préjudiciables que les hausses d’impôts. Une méthode qui fait débat, puisque des études du FMI prenant en compte le contexte récessif concluent le contraire.
L’exécutif européen recommande par ailleurs de « réduire fortement la pression fiscale sur le travail dans les pays où elle est comparativement élevée », sans pour autant se priver du levier des taxes. Augmenter la TVA, les impôts sur la propriété immobilière ou sur l’environnement font partie des pistes préconisées. Afin de limiter l’emballement du marché de l’immobilier, Bruxelles déconseille le recours aux crédits d’impôts pour l’achat de logements.
En matière de croissance enfin, la Commission invite les Etats à épargner les secteurs-clés comme l’éducation, la recherche, l’innovation et l’énergie. Elle demande également aux Etats d’indiquer dans leurs programmes nationaux de réforme la façon dont ils comptent utiliser les fonds structurels pour promouvoir la croissance entre 2014 et 2020. Ces feuilles de route, préparées par les gouvernements, doivent être adressées à Bruxelles au printemps prochain.