La Commission veut mettre en commun l’aide au développement

La Commission a adopté le 16 juillet une communication qui propose de mettre en commun tous les types d’aide au développement pour l’après-2015. Les ressources seraient rationalisées en fonction d’objectifs politiques bien définis.

EURACTIV.com
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La Commission a adopté le 16 juillet une communication qui propose de mettre en commun tous les types d’aide au développement pour l’après-2015. Les ressources seraient rationalisées en fonction d’objectifs politiques bien définis.

L'exécutif européen suggère d'associer les principales mesures internationales actuelles et d'utiliser toutes les ressources financières pour l'après-2015 de « manière innovante ».

Alors que la Commission européenne s'est concentrée il y a peu sur le contenu du futur cadre réglementaire sur le développement, elle se penche désormais sur le financement, a déclaré Andris Piebalgs, le commissaire européen en charge du développement. Le contenu est évoqué dans la communication précédente « Une vie décente pour tous » (voir « Contexte »).

Même si l'accent est placé sur les pays en développement, l'approche de la Commission peut être appliquée à l'échelle mondiale.

D'après certains responsables politiques, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies pour l'après-2015 seront mis en œuvre à l’échelle universelle, et pas seulement pour les pays les plus pauvres. Les huit OMD adoptés en 2000 concernaient principalement les pays en développement.

>> Lire : Andris Piebalgs : Les prochains OMD devraient s’appliquer à tous les pays

Dans un communiqué, le commissaire a qualifié la dernière communication d'« autre avancée importante dans la mise en place du futur cadre réglementaire pour l'après-2015 ».

« Afin d'enregistrer des avancées en matière de politique, nous devons utiliser toutes les ressources disponibles et examiner de nouveaux moyens innovants et fiables pour financer l'éradication de la pauvreté et atteindre un développement durable sur le long terme ».

Selon le commissaire en charge de l'environnement, Janez Poto?nik, le nouveau document de la Commission rassemble les OMD et un suivi de la Conférence de Rio sur le développement durable (Rio+20) « dans un cadre réglementaire global pour l'après-2015 ». Rio+20 était un énorme sommet mondial organisé en juin 2012 à Rio de Janeiro, 20 ans après une conférence historique de l'ONU dans la même ville.

>> Lire le linksdossier : Rio+20 : Se déhancher au rythme de l'économie verte

« Nous achevons notre vision commune aujourd'hui en confirmant que nous rassemblerons également les pistes de financement en matière de développement durable et d'éradication de la pauvreté », a-t-il indiqué.

Le document de la Commission aborde les différentes ressources financières disponibles : publiques, privées, à l'échelle nationale et internationale. Elles vont des taxes aux subventions en passant par les investissements privés ou la philanthropie.

L'exécutif européen met en avant les principes directeurs suivants pour l'après-2015 :

  • Le financement doit aller de pair avec les objectifs politiques ; L'argent devrait être alloué de manière innovante et efficace à des domaines qui en nécessitent le plus afin d'obtenir les meilleurs résultats possibles ;
  • Les sources financières devraient être prises en compte dans leur ensemble, dont l’aide publique au développement (APD) dans les pays à bas revenus ;
  • Les économies émergentes et les pays à revenu intermédiaire peuvent contribuer équitablement à l'aide aux pays les plus pauvres et les plus fragiles ;
  • Plusieurs objectifs politiques doivent être renforcés mutuellement. Chaque euro dépensé devrait ainsi contribuer simultanément à l'atteinte de différents objectifs politique ; Une meilleure sécurité alimentaire est, par exemple, essentielle à l'éradication de la pauvreté. Il est possible d'y arriver en protégeant plus efficacement la biodiversité et les forêts, ce qui contribue à la lutte contre le changement climatique ;
  • Les pays partenaires devraient prendre leur responsabilité dans le choix des priorités en matière de ressources.

L'exécutif européen appelle également à plus de transparence et de responsabilisation mutuelle pour tous les fonds à l'échelle nationale et mondiale. Cet argent pourrait ainsi être utilisé plus efficacement dans le cadre du développement durable.

Alexandre Polack, le porte-parole du commissaire Piebalgs, a expliqué que la rationalisation des financements permettrait aux pays d’avoir suffisamment de marge de manœuvre budgétaire pour mobiliser des ressources publiques. Il a donné l'exemple de la lutte contre la fraude fiscale et de la transparence des industries extractives.

M. Polack a déclaré que cette initiative se déroulait à l'échelle mondiale.

« Cette communication consiste à placer l'UE dans une position mondiale », a-t-il indiqué.  Un « événement spécial » à la suite de la réunion de l'ONU en septembre sur le cadre réglementaire des OMD pour l'après-2015 constituera la prochaine étape du processus.