La crainte des retraits massifs pousse la Grèce vers le camp des pro-renflouement

  Les épargnants grecs ont commencé à retirer leur argent des banques par peur d'un retour à la drachme, une menace qui pourrait avoir un effet sur les intentions de vote en amont des élections anticipées du mois prochain. 

EURACTIV.com / Reuters
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Les épargnants grecs ont commencé à retirer leur argent des banques par peur d'un retour à la drachme, une menace qui pourrait avoir un effet sur les intentions de vote en amont des élections anticipées du mois prochain. 

Les électeurs grecs se tourneraient à nouveau vers les partis qui ont négocié le renflouement du pays, a révélé un sondage hier (17 mai). Ils représenteraient la sécurité pour ceux qui craignent les retombées d'un retour à la drachme sur leurs économies personnelles.

Ce sondage, le premier depuis l'échec des négociations sur la formation d'un gouvernement et l'annonce de nouvelles élections le 17 juin, a montré que le parti conservateur Nouvelle démocratie remporterait 26,1 % des voix, contre 23,7 % pour le parti d'extrême gauche Syriza qui a promis de mettre un terme aux mesures qui découlent du renflouement.

Le sondage a surtout révélé qu'aux côtés du PASOK socialiste, Nouvelle démocratie disposerait de suffisamment de sièges pour former un gouvernement pro-renflouement. Cela n'a pas été possible le 6 mai dernier, ce qui a déclenché de nouvelles élections et une crise politique qui mettent l'avenir de l'euro dans la balance.

Menace de faillite

Les dirigeants européens affirment que sans renflouement, la Grèce courrait à la faillite et à la sortie de l'union monétaire, ce qui pourrait donner lieu à un nouveau marasme financier sur le vieux continent. La perspective que Syriza remporte les élections a fortement secoué l'euro et les marchés européens.

La menace des retraits massifs a semblé se matérialiser lorsque George Provopoulos, à la tête de la banque centrale grecque, a annoncé au président, Karolos Papoulias, que les Grecs avaient retiré 700 millions d'euros de leurs comptes en banque personnels, a rapporté Bloomberg.

« M. Provopoulos m'a bien entendu dit qu'il ne s'agissait pas encore de panique, mais d'une peur qui pouvait évoluer en panique », a expliqué M. Papoulias. « La BCE doit intervenir pour garantir les dépôts des prêteurs régionaux, afin d'éviter la contagion », a préconisé Yannis Ioannides, professeur d'économie à l'université de Tufts, sur Bloomberg TV.

La déclaration extraordinaire du président grec sur la possibilité que le pays soit déjà victime de retraits massifs pourrait facilement être une prévision autoproductrice, a mis en garde Eurointelligence, un site Internet d'analyses et de commentaires économiques géré par le rédacteur adjoint du Financial Times, Wolfgang Münchau.

Des électeurs grecs à l'opinion changeante

Il reste un mois avant le scrutin et les électeurs grecs changent souvent d'avis. Selon les experts, mieux vaut se garder de tirer des conclusions à partir d'un seul sondage. Toutefois, le vent qui a poussé Syriza vers le haut semble avoir tourné.

« On dirait que la population a manifesté sa colère lors de l'élection pour ensuite prendre peur. Ils ne sont pas contents qu'aucun gouvernement ne soit formé et ils s'inquiètent d'une possible sortie de l'euro », a commenté l'analyste politique John Loulis.

« Les électeurs sont toutefois loin de se montrer enthousiastes pour Nouvelle démocratie. Les choses peuvent changer. C'est celui qui commettra le moins d'erreurs qui remportera le scrutin. »