La crise freine les émissions de CO2
Les émissions totales de gaz carbonique se sont stabilisées en 2009.
Les émissions totales de gaz carbonique se sont stabilisées en 2009.
En 2009, l’activité humaine a rejeté 31,32 milliards de tonnes de CO2 dûs à l’utilisation de combustibles fossiles et à la production de ciment et de produits chimiques. Cette estimation de l’Agence néerlandaise d’évaluation environnementale (PBL), qui ne prend pas en compte certains autres facteurs comme la déforestation, indique une stabilisation des émissions de gaz carboniques, pour la première fois depuis 1992.
Dans son rapport publié le 1er juillet, “No growth in total global CO2 emissions in 2009″, l’agence indique même une baisse des émissions de 0,7% par rapport à l’année 2008. Soit une diminution d’un peu plus de 300 millions de tonnes de CO2. Etant donnée la marge d’incertitude des données traitées, le rapport établit une stabilisation des émissions, déjà pressentie en 2008 avec une croissance des émissions de gaz carbonique de 1,5%, contre 3,5% par an en moyenne ces six dernières années.
Deux grands facteurs expliqueraient cette situation. La crise, d’une part, qui pèse sur les pays industrialisés, et la croissance des émissions de la Chine et de l’Inde d’autre part.
La crise, frein aux émissions de CO2
Pour les pays industrialisés, la crise constitue en effet le paramètre central de cette stabilisation avec un resserrement du crédit. Les industries lourdes émettrices de CO2 – l’acier, le ciment, la sidérurgie, la chimie, le raffinage de pétrole et la production d’électricité – n’ont pas pu utiliser leur pleine capacité de production.
Les industries réglementées par le système européen d’échanges de quotas d’émission (SCEQE) ont ainsi diminué leurs rejet de CO2 de 11,6%. Dans l’UE 15, les émissions de CO2 ont au total connu une baisse de 7,2%, atteignant un niveau de 3,1 milliards de tonnes de CO2 en 2009.
La conjoncture économique influe donc sur le niveau des émissions, comme en témoignaient déjà les baisses en 1974-1975 et en 1980-1982 liées à l’augmentation du prix du pétrole, rappelle le rapport.
Des résultats à la baisse, plus significatifs encore, étaient d’ailleurs attendus pour 2009. L’Agence internationale de l’énergie (IEA) avait ainsi envisagé une diminution des émissions de 2,6%.
Une baisse compensée et à nuancer
Cette chute des émissions de CO2 dans les pays industrialisés est cependant compensée par leur forte croissance en Chine et en Inde, respectivement de 9% et 6%. Les émissions de la Chine ont ainsi plus que doublé depuis 2000 pour atteindre 8,1 milliards de tonnes en 2009.
53% des émissions de CO2 proviennent ainsi aujourd’hui des pays émergents contre 44% des pays développés. Les 3% restants sont liées aux transports aériens et maritimes internationaux.
Les pays de l’annexe 1 du protocole de Kyoto ont réduit leurs émissions de CO2 de près de 7% en 2009. Une diminution qui atteindra 10% par rapport à 1990 –année de référence du protocole– si les émissions des autres gaz à effet de serre suivent une évolution semblable, estime le rapport, alors que ces pays sont engagés à une réduction moyenne des émissions de 5,2% sur la période 2008-2012 par rapport à 1990.
Le rapport nuance néanmoins ce constat en indiquant que l’appareil productif est toujours en place et prêt à retrouver ses niveaux d’avant-crise dès que les pays sortiront de la récession.
CALENDRIER
29 novembre – 10 décembre 2010: Conférence sur le climat des Nations Unions à Cancún (COP16)