La crise gazière donne une excuse à la Slovaquie pour rouvrir une unité nucléaire [FR]
A la suite d’une dispute entre la Russie et l’Ukraine, qui a eu pour conséquence l'interruption la semaine dernière des approvisionnements gaziers vers l’Europe, la Slovaquie a annoncé qu’elle allait rouvrir un réacteur nucléaire fermé récemment conformément au traité d’adhésion à l’UE. La décision a suscité le mécontentement de l’Autriche et devrait ajouter de la tension à la rencontre des ministres européens de l’Energie qui a lieu aujourd’hui (12 janvier).
A la suite d’une dispute entre la Russie et l’Ukraine, qui a eu pour conséquence l’interruption la semaine dernière des approvisionnements gaziers vers l’Europe, la Slovaquie a annoncé qu’elle allait rouvrir un réacteur nucléaire fermé récemment conformément au traité d’adhésion à l’UE. La décision a suscité le mécontentement de l’Autriche et devrait ajouter de la tension à la rencontre des ministres européens de l’Energie qui a lieu aujourd’hui (12 janvier).
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé samedi (10 janvier) que l’unité de 440 mégawatts de Bohunice qui a été arrêtée reprendra sa production au courant de la semaine prochaine, en vue de maintenir la stabilité du réseau électrique du pays.
Après que le gouvernement a pris cette décision au cours d’une réunion extraordinaire, M. Fico, cité par Reuters, a déclaré qu’il était conscient qu’il s’agissait d’une violation du traité d’adhésion, mais que cette décision était prise en temps de crise. Bratislava a déclaré l’état d’urgence mardi (6 janvier) à la suite de l’interruption du flot de gaz russe.
L’Autriche, qui a été au premier plan des efforts pour fermer Bohunice, a réagi avec colère à la décision slovaque. Le ministre de l’Environnement Nikolaus Berlakovich a qualifié l’évolution de la situation de complètement inacceptable et a pressé la Commission européenne de réagir.
Un porte-parole de l’exécutif européen a gagné du temps en expliquant que jusqu’à présent, la Commission n’avait pas reçu de notification officielle de la décision de Bratislava.
La Bulgarie, qui a été encore plus sévèrement touchée par la crise gazière que la Slovaquie, a également laissé entendre qu’elle pourrait rouvrir une de ses unités de 440 mégawatts de Kozloduy, fermée depuis le 31 décembre 2006. Hier (11 janvier), le Premier ministre du pays Sergei Stanishev a déclaré que rouvrir l’unité serait une mesure extrême, qui pourrait toutefois être envisagée si la résolution de la crise prenait trop de temps.
Les discussions autour du gaz stagnent
En outre, les discussions pour redémarrer l’approvisionnement en gaz russe ont encore une fois échoué. En effet, la Russie a accusé l’Ukraine d’avoir modifié un précédent accord visant à envoyer des observateurs pour surveiller le flot de gaz russe sur le territoire ukrainien.
La Russie a déclaré que l’accord, négocié par la présidence tchèque de l’UE dimanche dernier, était nul et non avenu, déclarant que l’Ukaine a unilatéralement ajouté une annexe à l’accord qui supprime la dette de Kiev à l’égard de Moscou.
En ce qui concerne la Commission, un porte-parole de l’exécutif européen a indiqué que l’annexe en question ne changeait en rien l’accord concernant l’envoi d’observateurs. La présidence tchèque a également insisté sur le fait que l’accord était toujours vivant. Parallèlement, l’équipe de surveillance de l’UE est arrivée sur les lieux prévus. Toutefois, si la Russie ne reprend pas les approvisionnements, les observateurs européens n’auront pas grand-chose à faire.