La dégradation du FESF secoue encore un peu plus la zone euro
Standard & Poor's a dégradé la notation de crédit du fonds de sauvetage de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ce lundi (16 janvier). L'agence argue que sa décision était inévitable suite aux dégradations des notes de la France et de l'Autriche, deux des garants du FESF.
Standard & Poor's a dégradé la notation de crédit du fonds de sauvetage de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ce lundi (16 janvier). L'agence argue que sa décision était inévitable suite aux dégradations des notes de la France et de l'Autriche, deux des garants du FESF.
L'agence de notation américaine a dégradé le fonds d'un cran de AAA à AA+, mais cette décision n'a suscité qu'une réaction modérée de la part des marchés financiers qui s'attendaient à la nouvelle. Le Japon, l'un des principaux acheteurs d'obligations du FESF, a fait savoir qu'il considérerait toujours le fonds comme un investissement « attractif ».
Pas d'impact
Dans un communiqué, le directeur général du FESF, Klaus Regling, a déclaré que cette dégradation ne devrait pas affecter sa capacité de prêt et il a souligné que sa notation à court terme restait la meilleure possible chez S&P.
« Cette dégradation de la part d'une seule agence de notation de crédit ne réduira pas la capacité de prêt du FESF établie à 440 milliards d'euros », a-t-il affirmé.
« Le FESF a les moyens de respecter ses engagements actuels, voire d'autres, d'ici à la mise en oeuvre du MES en juillet 2012 », a-t-il ajouté.
Le MES, le mécanisme européen de stabilité, est un fonds de sauvetage permanent qui devrait avoir une capacité effective de 500 milliards d'euros, sur la base d'un capital libéré de 80 milliards d'euros et d'un capital non libéré de 620 milliards d'euros.
Le ministre français des finances, François Baroin, a expliqué qu'il n'était pas nécessaire de renforcer le FESF, malgré l'abaissement de sa note.
« Le FESF conserve intacte sa capacité de prêt, avec des moyens suffisants et garantis pour remplir l’ensemble de ses engagements présents et à venir », a-t-il affirmé dans un communiqué. « Il n’y a donc pas besoin d'agir sur le FESF actuellement. »
Le Japon reste fidèle à l'Europe et au fonds
Le porte-parole de la chancelière allemande, Steffen Seibert, a déclaré à la presse : « Le gouvernement allemand n'a aucune raison de penser que le volume des garanties du FESF ne suffira pas à remplir ses obligations. »
N'oublions pas qu'il a été décidé de mettre en place le MES à la mi-2012, soit un an plus tôt que prévu. »
Le Japon s'est lui aussi montré plutôt optimiste. Le ministre des finances, Jun Azumi, a déclaré que la confiance de Tokyo dans les obligations du FESF n'avait pas été ébranlée. Le Japon a investi 21 milliards d'euros dans le fonds jusqu'à présent.
« Le Japon en a acheté un certain volume [de titres du FESF] et notre position ne va pas changer uniquement à cause de la dégradation », a affirmé M. Azumi suite à une réunion de son gouvernement.
L'euro est remonté juste au-dessus de son niveau le plus bas enregistré en 17 mois contre le dollar tôt ce matin en Asie (17 janvier), mais la réaction à la dégradation de S&P est restée mitigée. Les échanges de la nuit sont restés modestes, dans la mesure où les marchés américains étaient fermés pour le Martin Luther King Day.