La difficile montée en puissance du fonds de secours européen
La chancelière allemande Angela Merkel laisse entrevoir la possibilité de porter la capacité de prêt du mécanisme européen de stabilité à 700 milliards d’euros.
La chancelière allemande Angela Merkel laisse entrevoir la possibilité de porter la capacité de prêt du mécanisme européen de stabilité à 700 milliards d’euros.
Doté de 500 milliards d’euros, le mécanisme européen de stabilité (MES) fait pâle figure à côté des 940 milliards d’euros que la Commission estime nécessaires pour rassurer durablement les marchés.
A l’occasion d’une réunion de la CDU, le 26 mars, Angela Merkel a ouvert une brèche en envisageant la possibilité de cumuler les fonds du MES avec ceux du fonds européen de stabilité financière (FESF), qui expire mi-2013 mais doit prêter 192 milliards d’euros à trois pays en difficulté : la Grèce, le Portugal et l’Irlande.
« Nous pouvons imaginer que ces 200 milliards d’euros puissent fonctionner en parallèle avec les 500 milliards d’euros du MES jusqu’à ce qu’ils aient été remboursés par les États. Cela prendra plusieurs années, puis le MES fonctionnera seul avec les 500 milliards », a dit Angela Merkel.
« Lignes rouges »
Pour les pays du G20, le renforcement du pare-feu européen reste la contrepartie nécessaire à l’augmentation de leur contribution au FMI, laquelle doit être decidée en avril prochain. Depuis le début de la crise, l’institution de Washington n’a eu de cesse de compléter les plans de sauvetage européens financés par le FESF.
Mais Angela Merkel risque toutefois d’avoir du mal à convaincre tous les partis de la coalition de centre-droit au pouvoir en Allemagne. Le cumul des deux fonds se traduirait probablement par une augmentation des garanties accordées par Berlin, à près de 290 milliards d’euros contre 211 milliards jusqu’à présent.
Le chef de file du parti chrétien-social bavarois CSU, Horst Seehofer, a réagi lundi aux propos d’Angela Merkel en disant que tout accroissement au-delà de 211 milliards d’euros serait pour lui une « ligne rouge ». La question doit être tranchée lors d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Copenhague les 30 et 31 mars.