La Finlande devient la seule frontière terrestre de l’UE pour les touristes russes

Depuis lundi (19 septembre), la frontière entre la Finlande et la Russie est devenue la seule frontière terrestre permettant aux ressortissants russes d’entrer dans l’Union européenne.

EURACTIV.com
Plenary Session at the European Parliament in Strasbourg
La Première ministre Sanna Marin (SDP) serait prête à empêcher les Russes de voyager en invoquant la menace qu’ils pourraient représenter pour la sécurité.

Depuis lundi (19 septembre), la frontière entre la Finlande et la Russie est devenue la seule frontière terrestre permettant aux ressortissants russes d’entrer dans l’Union européenne.

Contrairement aux États baltes et à la Pologne, la Finlande n’a pas complètement restreint l’entrée des touristes russes munis de visas Schengen délivrés par les autres États membres de l’Union.

La Finlande a suivi les lignes directrices de la Commission du 9 septembre et les principes de la zone Schengen. Cette approche « légaliste » adoptée par la Finlande, en particulier après être devenu le seul pays de la zone à ne pas interdire les voyageurs russes, a mis beaucoup de personnes mal à l’aise et a appelé à des politiques plus « morales ».

À en juger par le débat animé sur Twitter, beaucoup ont « honte » de leur pays. Cependant, la critique la plus sévère est peut-être venue d’Estonie. Kristi Raik, directrice de l’Institut estonien de politique étrangère, a déclaré dans un message sur Twitter qu’elle était « perplexe » quant au fait que la Finlande ne se soit pas jointe aux États baltes et à la Pologne pour restreindre l’entrée des touristes russes munis de visas Schengen délivrés par d’autres États membres de l’UE. Elle a jugé les arguments juridiques « peu convaincants ».

Prenant part au débat, le directeur général des services consulaires du ministère des Affaires étrangères du pays, Jussi Tanner, a indiqué sur Twitter : « Pourquoi la Finlande ne prépare-t-elle pas une interdiction d’entrée — ou une interdiction de visa — pour les citoyens russes ? Je vais essayer de l’expliquer. L’autorité publique doit toujours respecter strictement la loi, et nous ne pensons pas qu’une interdiction générale de visa (ou d’entrée) concernant une nationalité soit compatible avec la loi. »

Dans le contexte actuel, certains signes indiquent que des politiques de premier plan perdent quelque peu leur sang-froid et leur patience. La Première ministre Sanna Marin (SDP) serait prête à empêcher les Russes de voyager en invoquant la menace qu’ils pourraient représenter pour la sécurité. De même, le ministre des Affaires étrangères Pekka Haavisto (Verts) a signalé qu’il était prêt à prendre des mesures plus sévères.

Toutefois, pour imposer une interdiction de visa, le gouvernement souhaiterait d’abord que l’UE adopte des lignes directrices communes.