La Finlande s’apprête à rejoindre l’OTAN

La Finlande deviendra officiellement membre de l’alliance militaire ce mardi (4 avril) lorsque les ministres des Affaires étrangères se réuniront à Bruxelles. C’est ce qu’a annoncé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à la presse lundi.

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« Nous hisserons le drapeau finlandais pour la première fois ici, au siège de l’OTAN. Ce sera un grand jour pour la sécurité de la Finlande, pour la sécurité des pays nordiques et pour l’OTAN dans son ensemble », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lundi. [SHUTTERSTOCK/Andrzej Rostek]

La Finlande deviendra officiellement membre de l’alliance militaire ce mardi (4 avril) lorsque les ministres des Affaires étrangères se réuniront à Bruxelles. C’est ce qu’a annoncé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à la presse lundi (3 avril).

La Finlande et la Suède ont déposé une demande d’adhésion conjointe à l’OTAN en mai 2022, peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Toutefois, le processus d’adhésion avait rapidement été bloqué en raison de l’hésitation de certains membres de l’Alliance, notamment la Hongrie et la Turquie, concernant la candidature suédoise.

La Turquie a demandé à la Suède de renforcer sa législation antiterroriste et de prendre des mesures contre les partisans des militants kurdes et les membres du réseau qu’Ankara tient pour responsable de la tentative de coup d’État de 2016, qu’elle considère comme une organisation terroriste.

Néanmoins, l’adhésion de la Finlande a été approuvée la semaine dernière par le Parlement turc, levant ainsi le dernier obstacle majeur, tandis que la Suède poursuit son chemin sur une autre voie.

Un processus rapide

« Nous hisserons le drapeau finlandais pour la première fois ici, au siège de l’OTAN. Ce sera un grand jour pour la sécurité de la Finlande, pour la sécurité des pays nordiques et pour l’OTAN dans son ensemble », a déclaré M. Stoltenberg lundi.

« L’année dernière, les Alliés ont pris la décision historique d’inviter la Finlande et la Suède à devenir membres de l’Alliance », lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Madrid en juin.

Moins d’un an plus tard, Helsinki deviendra membre de l’Alliance, « le processus de ratification le plus rapide de l’histoire moderne de l’OTAN », a précisé M. Stoltenberg.

Mardi, la Turquie déposera l’accord de ratification « avec les États-Unis, au siège de l’OTAN », a expliqué le chef de l’organisation. Ensuite, le secrétaire général en « informera » la Finlande.

Le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto remettra alors l’instrument d’adhésion de la Finlande au département d’État américain, représenté par le secrétaire d’État Antony Blinken.

Une cérémonie de lever de drapeau aura lieu devant le siège de l’OTAN à Bruxelles à 15 h 30 (HEC) et marquera l’adhésion officielle de la Finlande à l’OTAN.

Un atout pour l’OTAN

M. Stoltenberg a également mentionné les avantages de la présence de la Finlande au sein de l’Alliance. Il a par exemple noté que le pays apportera « des forces militaires [supplémentaires] considérables » et qu’il « investit dans de nouveaux avions modernes de 5e génération, les F-35, pour plus de 60 » pièces.

« Ils ont formé et construit une grande armée et maintenu un haut niveau de préparation », a poursuivi le chef de l’OTAN.

La Finlande est également « l’un des rares pays à ne pas avoir réduit ses investissements dans ses forces après la Guerre froide », contrairement à de nombreux alliés de l’OTAN qui intensifient aujourd’hui leurs investissements dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Jusqu’à présent, les Finlandais n’ont pas demandé aux Alliés de renforcer la frontière finlandaise avec la Russie, qui s’étend sur 1340 km, selon des sources au fait de la situation. En attendant, l’adhésion de la Finlande verra l’Alliance doubler sa frontière terrestre avec la Russie.

Toutefois, la Suède reste un « pays invité » aux réunions de l’OTAN jusqu’à ce que son processus d’adhésion soit achevé et que son adhésion ait été approuvée par les 30 parlements de l’Alliance. Seuls les feux verts de la Hongrie et la Turquie manquaient.

« Tous les Alliés conviennent que l’adhésion de la Suède devra être achevée rapidement », a déclaré M. Stoltenberg. Il est « prioritaire pour moi qu’elle se fasse le plus rapidement possible », a-t-il poursuivi.

Il est néanmoins peu probable qu’Ankara donne son feu vert avant les élections en Turquie prévues pour la mi-mai et l’entrée en vigueur de la loi antiterroriste suédoise le 1er juin, concèdent les responsables de l’OTAN.

« Nous ne devons pas donner l’impression que la Suède est laissée à elle-même », a déclaré le secrétaire général au sujet de la participation de la Suède à la plupart des réunions de l’Alliance.

« Les Alliés sont prêts à agir », a-t-il poursuivi avant d’ajouter qu’« il est inconcevable qu’il y ait des menaces d’attaques contre la Suède sans que les Alliés réagissent, d’autant plus que la Finlande est membre de l’Alliance ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]