La forêt française se met à la disposition de la transition énergétique
La filière forêt-bois joue d’ores et déjà un rôle considérable dans le stockage du CO2 et dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais la forêt pourrait aussi fournir jusqu'à un tiers de la biomasse en France.
La filière forêt-bois joue d’ores et déjà un rôle considérable dans le stockage du CO2 et dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais la forêt pourrait aussi fournir jusqu’à un tiers de la biomasse en France.
La question du bois est en apparence peu présente dans le projet de loi sur la transition énergétique. Cependant pour Jean-Yves Caullet, député PS de l’Yonne, membre de la commission du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire de l’Assemblée nationale et président de l’Office national des forêts (ONF), le projet de loi l’intègre indirectement au travers du sujet de la biomasse.
En effet la biomasse, sous forme solide ou gazeuse, est un matériau biologique généralement dérivé de cultures et résidus agricoles, de forêts ou de déchets biodégradables tels que les déchets municipaux ou boues d’épuration.
Dans son projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, la ministre du développement durable Ségolène Royal insiste sur l’accélération des filières d’énergie renouvelable comme la biomasse tout en visant une réduction du nucléaire.
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30 % de la biomasse pourraient venir de la forêt
Selon le député, 20 % du problème énergétique français concerne l’électricité. « Dans notre pays, quand on parle d’énergie, on finit toujours par ne parler que d’électricité ».
« Dans les 80 % restant qui concernent tout ce qui n’est pas électrique aujourd’hui, l’enjeu biomasse serait de 60 % dans la transition. C’est d’ailleurs presque la moitié. Dans cette moitié, 30 % de la biomasse en cause pourraient venir de la forêt », indique-t-il
Selon Jean-Yves Caullet, « On voit bien que l’enjeu de la biomasse forestière, c’est un tiers du problème de la transition énergétique ». Même s’il estime que le projet de loi répond à ces enjeux, il considère que la promulgation d’un texte ne change pas la réalité.
« L’enjeu pour moi est très nettement là […], c’est-à-dire qu’on fixe de grands objectifs, on cible des secteurs très important en masse comme le transport et le logement et on met en place des outils qui permettent aux acteurs de la vie réelle de se saisir de la réalité des choses », explique-t-il, ajoutant que la loi sera un succès si les outils sont pratiques à mettre en place.
La forêt mise à contribution pour lutter contre le réchauffement climatique
Le Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a remis un rapport mi-septembre au ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Ce rapport met en avant le double avantage des forêts en matière de réduction des gaz à effet de serre et de la lutte contre le réchauffement climatique.
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Ce document met notamment l’accent sur les atouts de la forêt. Ainsi « Une exploitation sylvicole dynamique, opérée, par exemple, par un accroissement de l’exploitation des bois produits annuellement, un raccourcissement des cycles de production et une relance du reboisement, favoriserait la séquestration de gaz carbonique », indique le rapport.
Le CGAAER encourage ainsi une politique « dynamique » en faveur de la gestion et de la mobilisation de la forêt afin, d’une part, conforter la compétitivité de la filière bois française et, d’autre part, « optimiser et accroître » la capacité d’absorption de carbone des forêts.