La France au bord de la récession

Les prévisions économiques de la Banque de France sont pessimistes. Selon ses experts, le pays pourrait entrer en récession au 2e semestre. Une menace pour les prévisions de déficit défendues par le gouvernement.

EURACTIV.fr
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Les prévisions économiques de la Banque de France sont pessimistes. Selon ses experts, le pays pourrait entrer en récession au 2e semestre. Une menace pour les prévisions de déficit défendues par le gouvernement.

La France a beau être en vacances, la crise continue avec son lot de mauvaises nouvelles. Selon des prévisions de la Banque de France, publiées mercredi 8 août, le PIB du pays connaitra un recul de 0,1% au troisième trimestre 2012 qui viendra s’ajouter à un repli identique pour le deuxième. 

Avec deux trimestres consécutifs de contraction de l’économie, la France pourrait donc entrer en récession, si ces données se confirment. 

Se battre pour la croissance 

L’économie française est affectée par la crise qui ébranle les pays du sud de l’Union européenne. Les estimations de la Banque de France se fondent sur des indicateurs du climat des affaires. Or, ils sont en repli au mois de juillet. Dans les prochains mois, l’activité devrait se tasser pour l’industrie et rester stable dans les services.  

Cette prévision est de mauvaise augure pour le budget 2012 du gouvernement qui table sur une croissance de 0,3% sur l’année. 

« Je maintiens la prévision de à 0,3%. Ce qui compte, c’est que la France ait une économie crédible, saine et que l’on respecte en Europe », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici lors d’un déplacement en Balagne, en Corse, mercredi.   

Dans une interview accordée à Nice Matin, publiée jeudi 9 août, il assure que le combat pour la croissance « n’est pas un combat perdu. Nous nous battrons pour que la prévision de 1,2 % pour 2013 soit atteinte, voire dépassée », dit-il.  

Prévisions de croissance difficiles à atteindre

Selon Fabrice Montagne, économiste de la banque Barclays, si la croissance de l’économie française est nulle ou négative aux deuxième et troisième trimestres, la prévision du gouvernement pour 2012, sera très difficile à atteindre.  

L’impact sur le budget sera cependant marginal si la croissance s’inscrit entre 0 et 0,5%, estime-t-il. Mais si elle passait dans le rouge, « il faudra très certainement revoir certains paramètres pour atteindre l’objectif de déficits publics ramenés à 4,5% en fin d’année », a-t-il déclaré à Reuters

La Banque de France juge pour sa part que « les prévisions sont orientées vers une stabilité de l’activité à court terme ».

« Il serait plus raisonnable de se baser sur un chiffre compris entre 0,5% et 1% » pour la croissance en 2013, indique Fabrice Montagne, qui exclut à ce stade des infléchissements négatifs plus marqués.  

Déficit commercial 

Parallèlement, les Douanes ont publié mercredi les chiffres du commerce extérieur de la France. Le déficit s’est creusé à près de six milliards d’euros en juin, soit nettement plus que les cinq milliards attendus par les économistes interrogés par Reuters, après un autre déficit de 5,47 milliards en mai.  

Sur l’ensemble du premier semestre, la balance commerciale française est déficitaire de 34,9 milliards d’euros, contre 38,3 milliards sur les six premiers mois de 2011.