La France engage 130 millions d'euros supplémentaires au Mali

Ils s'ajoutent aux 150 millions d'euros gelés après le coup d'Etat et débloqués depuis l'adoption de la feuille de route par le gouvernement malien. Au total, l'enveloppe internationale s'élève à 3,25 milliards d'euros.

EURACTIV.fr
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Ils s’ajoutent aux 150 millions d’euros gelés après le coup d’Etat et débloqués depuis l’adoption de la feuille de route par le gouvernement malien. Au total, l’enveloppe internationale s’élève à 3,25 milliards d’euros.

L’argent pour la reconstruction du Mali est sur la table. Les donateurs internationaux, réunis à Bruxelles,  mercredi 15 mai, se sont engagés à verser 3,25 milliards d’euros au pays.

Alors que le président par intérim du Mali Dioncounda Traoré tablait sur une aide extérieure de 1,6 milliard d’euros, cette opération est un succès. 

L’Union européenne et les Etats sont les premiers contributeurs. L’UE a signé cinq conventions de financement avec l’Etat malien. Elles doivent couvrir la globalité des besoins identifiés en infrastructures et services de base, le renforcement de l’Etat et l’appui aux élections, pour un total de 520 millions d’euros. 

La France ajoute 130 millions d’euros

En 2013 et 2014, la France a prévu de débloquer 130 millions d’euros supplémentaires pour le Mali. Cette somme s’ajoute aux 150 millions d’euros engagés avant le coup d’Etat de mars 2012, et qui avaient été gelés en attendant l’adoption, par le gouvernement malien, d’une feuille de route prévoyant notamment la tenue d’élections.

L’enveloppe de 280 millions comprend : 

  • 18 millions d’euros, déjà versés, pour des mesures d’urgence telles que le rétablissement de l’électricité, l’accès à l’eau, le réapprovisionnement des centres de santé, la fourniture d’intrants agricoles ou des dispositifs d’aide aux PME dans les villes au nord du Mali (Gao, Tombouctou, Kidal)
  • une aide budgétaire globale pour l’Etat malien de 20 millions d’euros dès 2013 ; une partie (15 millions d’euros) devrait permettre de préparer les élections prévues pour la fin du mois de juillet 2013. 
  • 30 millions d’euros consacrés aux soins des enfants du Mali et des autres pays du Sahel, grâce à la taxe française sur les transactions financières.
  • 210 millions d’euros pour le rétablissement des infrastructures. A moyen terme, l’objectif est de développer le système éducatif et les structures de santé. 

Elections dans le viseur

L’adoption de la feuille de route pour la reconstruction du pays a permis la reprise des projets de développement gelés en mars 2012 et des versements à l’Etat malien pour rétablir ses services administratifs. 

La France et l’Union européenne, coorganisatrices de cette conférence des donateurs, ont fait le pari de faire confiance au Mali en s’appuyant sur un plan de reconstruction défini par le gouvernement par intérim.

Cependant, tous gardent leurs yeux rivés sur les élections, qui doivent se tenir à la fin du mois de juillet 2013. « La date qui a été prévue doit être tenue, je sais que c’est difficile », a rappelé François Hollande.

Les élections doivent concerner l’ensemble du territoire, or la ville de Kidal est toujours sous contrôle du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ce qui pose la question d’une intervention militaire.

« Le déblocage des fonds dépend de l’évolution du processus politique qui doit permettre la réconciliation nationale, des institutions inclusives et la mise en place d’autorités démocratiques légitimes », a averti le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. 

Suivi rapproché

Comment éviter que les fonds alloués ne soient détournés? Les Etats donateurs et les bailleurs de fonds font face à une équation difficile : trouver un juste milieu entre des procédures strictes qui ralentissent la mise en oeuvre des projets et un suivi trop lâche au détriment de leur qualité.

« Chaque euro doit être efficacement utilisé, nous le devons aux Maliens comme aux contribuables français», a rappelé François Hollande. 

Le ministre du Développement Pascal Canfin a notamment annoncé l’ouverture d’un site internet présentant l’ensemble des projets financés par la France.

Chaque Malien « pourra ainsi signaler par exemple par SMS à une « hotline » d’éventuelles difficultés. Les donateurs seront donc alertés et pourront entrer en contact avec les autorités maliennes », a-t-il déclaré dans une interview au Nouvel Observateur