La France manifeste son soutien à l'opposition ukrainienne
Les heurts entre manifestants et forces de l'ordre se sont poursuivis ce week-end en Ukraine, à Kiev et dans le reste du pays. La France appelle au calme en affichant son soutien à l'opposition.
Les heurts entre manifestants et forces de l'ordre se sont poursuivis ce week-end en Ukraine, à Kiev et dans le reste du pays. La France appelle au calme en affichant son soutien à l'opposition.
Olena Loukach, ministre ukrainienne de la Justice, a menacé lundi à la télévision les manifestants qui ont investi son ministère dans le centre de Kiev, en demandant au Conseil de sécurité national l'instauration de l'état d'urgence.
Il s'agit d'un cran supplémentaire dans l'escalade de violence qui secoue le pays depuis le mois de novembre, après l'échec de la signature d'un accord d'association avec l'UE.
Samedi, le président Ianoukovitch avait rencontré des leaders de l'opposition, leur proposant de rentrer au gouvernement pour calmer le jeu.
Une proposition refusée par les opposants, qui réclament des élections présidentielles anticipées. Les élections doivent normalement avoir lieu en 2015.
Viktor Ianoukovitch leur avait proposé samedi soir plusieurs postes ministériels, dont celui de Premier ministre réservé à Arseni Iatseniouk, ancien ministre de l'Economie, et un poste de vice-Premier ministre pour Klitschko, l'ancien boxeur qui préside le parti libéral Udar.
"Il s'agit d'un cadeau empoisonné de la part de Ianoukovitch afin de diviser notre mouvement", a déclaré Vitali Klitschko dès samedi soir.
Les chefs de file de l'opposition réclament la tenue d'élections anticipées et l'abrogation d'une loi récemment adoptée limitant le droit de manifester. Ils prévoient de défendre leurs revendications lors d'une séance extraordinaire du parlement mardi.
Au moins 6 morts dans les affrontements
La contestation, qui a débuté en novembre dans la rue, a pris un tour violent au cours de la semaine, des éléments radicaux ayant choisi l'affrontement avec les forces de l'ordre.
Ces violences ont fait au moins six morts, selon le parquet et des médecins. En leur mémoire, l'opposition a prévu une veillée de prières dans la soirée.
Plusieurs centaines de manifestants ont marché dimanche derrière le cercueil de l'un d'entre eux, porté dans les rues de Kiev avant son inhumation.
Ce manifestant, Mikhaïlo Jiznevski, est l'une des trois victimes au sujet desquelles le parquet reconnaît qu'elles ont été tuées par balles. Ce Biélorusse installé en Ukraine aurait eu 26 ans ce dimanche.
La contestation ne se limite pas à Kiev et des manifestants occupent des mairies dans une dizaine de localités, essentiellement dans l'ouest de l'Ukraine plus favorable à un rapprochement avec l'Union européenne.
Solidarité du ministre des Affaires étrangères français
Cette crise ukrainienne suscite des tensions entre, d'une part, les Etats-Unis et l'UE et, d'autre part, la Russie, vers laquelle Viktor Ianoukovitch a décidé de se rapprocher après avoir tourné le dos à Bruxelles en novembre.
Laurent Fabius s'est entretenu dimanche avec Vitali Klitschko.
"Je lui ai exprimé la solidarité de la France, notre appel à l'arrêt immédiat des violences et à la poursuite du dialogue entre le gouvernement et l'opposition", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères dans un communiqué.
"La violence et la radicalisation ne peuvent être une réponse aux aspirations du peuple ukrainien", a-t-il ajouté.