La France presse l’UE d’adopter un nouveau régime de sanctions contre les réseaux criminels internationaux

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, va exhorter ses partenaires européens à approuver un nouveau régime de sanctions « transversales » visant les principaux acteurs du trafic de drogue et du crime organisé.

Euractiv France
Le ministre Jean-Noël Barrot. [Getty Images/Klaudia Radecka_NurPhoto]

La proposition, qui sera présentée jeudi 20 novembre aux ministres européens au Conseil des Affaires étrangères, doit cibler les individus et les groupes actifs hors de l’UE et qui sont impliqués dans des trafics à destination du territoire européen.

Selon les autorités françaises, ces sanctions pourraient comprendre « un gel des avoirs » et « une interdiction de voyager dans l’Union européenne », précise une source diplomatique. Au-delà du narcotrafic, d’autres types de crimes sont visés comme le trafic d’armes, le trafic de migrants, ou des crimes contre l’environnement.

Jean-Noël Barrot était récemment en Amérique latine pour réaffirmer la détermination de Paris à « faire échec » au trafic de drogue qui « explose » partout en Europe. La France souhaite notamment créer en République dominicaine une académie régionale pour lutter contre la criminalité organisée, où seront formés des enquêteurs et des douaniers.

Cette annonce intervient alors que les crimes liés au narcotrafic ont ces derniers jours fait plusieurs victimes en France. Le 13 novembre, c’est le frère du militant écologiste Amine Kessaci, engagé à Marseille dans la lutte contre le trafic de drogue, qui a été abattu.

Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ce crime constitue un « véritable point de bascule », car il ne s’agit pas d’un « règlement de compte classique », mais d’un « crime d’intimidation ».

Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a hier de son côté expliqué que la lutte contre le narcotrafic devait s’inspirer de celle « contre le terrorisme », en appelant à « l’unité nationale ».

Lors d’une réunion en compagnie de plusieurs ministres, le président Emmanuel Macron a hier poussé pour la mise en œuvre rapide de la loi narcotrafic promulguée en juin dernier et qui dote les autorités des nouveaux outils pour démanteler les réseaux criminels, notamment grâce à la création d’un parquet spécialisé le 1er janvier prochain.

110 personnes ont été tuées en France en 2024 en raison des violences en lien avec le narcotrafic et 341 ont été blessées.