La France réduit sa contribution à la lutte contre le sida
La rigueur budgétaire et l’urgence de la lutte contre le virus Ebola ont empiété sur les financements attribués à UNITAID, l’organisme international chargé de faciliter l’accès aux traitements contre le sida dans les pays pauvres.
La rigueur budgétaire et l’urgence de la lutte contre le virus Ebola ont empiété sur les financements attribués à UNITAID, l’organisme international chargé de faciliter l’accès aux traitements contre le sida dans les pays pauvres.
UNITAID va devoir se serrer la ceinture. La France, premier contributeur de cette centrale d’achat de traitements du sida, du paludisme et de la tuberculose dans les pays à faibles revenus, a décidé de réduire la subvention annuelle, qui passera de 110 millions d’euros à 85 millions en 2015.
« Dans un courrier en date du 8 décembre 2014, le Ministère des Affaires étrangères a officialisé une baisse de 25% de la contribution annuelle de la France à UNITAID » ont souligné plusieurs ONG dans un communiqué (Coalition PLUS , ONE, Oxfam, Sidaction, Solidarité Sida et Solthis).
Premier recul
Le recul de la participation française est une première, selon les ONG. En effet, la lutte contre les grandes pandémies a toujours fait partie des priorités de l’aide au développement française et internationales.
Et les résultats sont au rendez-vous. Dans son dernier rapport, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida a relevé que le nombre de décès dus au sida dans le monde a nettement diminué en 2013 même s’il totalise encore 1,5 million de morts. La tendance est aussi à la baisse du côté des nouvelles contagions, qui sont passées de 2,2 millions en 2012 à 2,1 millions en 2013.
« C’est en effet la première fois depuis l’apparition du virus du sida qu’un gouvernement décide de baisser la contribution de la France à la lutte mondiale » ont regretté les ONG, qui affirment que cette baisse représente « le prix de traitements de 200.000 enfants séropositifs ».
Dans une tribune publiée par Libération, les dirigeants de plusieurs organisations, dont Pierre Bergé de Sidaction, ont sévèrement interpellé François Hollande.
« Vous qui avez promis aux Français que notre pays ne se désengagerait jamais de la lutte mondiale contre le sida, et qui êtes soutenu en cela par l’immense majorité d’entre eux » écrivent les différents représentants, rappelant qu’UNITAID est « l’une des grandes réussites de notre pays dans la lutte contre le sida ».
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Depuis sa création en 2006 sous la houlette de la France, UNITAID, a permis de financer 355 millions de traitements contre le paludisme et de traiter 8,5 millions de personnes contre la tuberculose. Autre impact considérable, la centrale d’achat a réussi à faire baisser le prix des médicaments contre le sida« de 80 % pour les enfants et de 60 % pour les adultes » a détaillé à Philippe Douste-Blazy, président d’UNITAID
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UNITAID qui est alimenté pour moitié par la taxe sur les billets d’avion semblait pourtant disposer d’un financement pérenne.
Cette taxe, spécialement créée sous l’impulsion de Jacques Chirac pour financer UNITAID, est à ce jour mise en place dans 9 pays : Cameroun, Chili, Congo, France, Madagascar, Mali, Maurice, Niger, République de Corée. Elle représente environ la moitié des financements de la centrale d’achat, l’autre moitié provenant de contributions budgétaires apportées par d’autres pays.
Ebola responsable
La décision française de réduire sa participation à UNITAID a d’abord été motivée par la nécessité de redéployer une partie de l’aide publique au développement consacré à la santé à la lutte contre l’épidémie d’Ebola.
« Les financements que la France a déployés pour lutter contre Ebola sont conséquents – 85 millions d’euros pour 2014 et 2015 – et surtout imprévus » souligne une source proche du dossier.
Autre raison évoquée, le poids démesuré des financements français dans le budget d’UNITAID, qui représente depuis 2006 entre 50 et 60% du budget total . « C’est démesuré pour un fonds multi-bailleurs » précise la source.
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