La France va accentuer son soutien militaire à l'Ukraine
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, était dimanche soir à Paris pour un dîner de travail avec le président de la République, Emmanuel Macron. Le chef d'État français a réitéré son soutien militaire et diplomatique, mais la question des avions de chasse reste « prématurée ».
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, était dimanche soir (14 mai) à Paris pour un dîner de travail avec le président de la République, Emmanuel Macron. Le chef d’État français a réitéré son soutien militaire et diplomatique, mais la question des avions de chasse reste « prématurée ».
Arrivé sur le tarmac de l’aéroport militaire de Villacoublay (Yvelines) un peu avant 21 heures, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a été accueilli par la Première ministre française, Elisabeth Borne, avant de prendre la route pour le Palais de l’Élysée.
À Paris, le président ukrainien rencontre ainsi son sixième dirigeant européen en deux jours, après les autorités italiennes et pontificales à Rome samedi (13 mai) et le chancelier et le président allemands à Berlin dimanche (14 mai).
La visite en France était « préparée depuis un petit moment », mais gardée secrète pour des questions de sécurité, ont déclaré les services de l’Élysée. MM. Zelensky et Macron ont ainsi pu profiter d’une heure de tête-à-tête sur plus de trois heures de dîner pour aborder l’évolution de la situation en Ukraine sur le plan opérationnel et diplomatique.
La France « continuera d’apporter un soutien politique, financier, humanitaire et militaire à l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire », ont déclaré les services de presse de la présidence par communiqué, à l’issue de la rencontre.
Sur le front militaire, les deux chefs d’État ont discuté des opérations à venir dans les prochaines semaines et de la contre-offensive que l’Ukraine prépare dans la région de Bakhmout. Il était « important pour M. Macron d’écouter M. Zelensky sur ses besoins pour vaincre », précise l’Élysée aux journalistes.
Actuellement, l’armée ukrainienne nécessiterait ainsi d’un appui au sol et dans le ciel. « La France poursuivra ses efforts dans ces domaines » avec, notamment, le maintien de la formation des soldats ukrainiens et la mise à disposition des systèmes de défense antiaérienne « les plus modernes qui soient », annonce l’Élysée.
Des annonces lundi soir
Lundi (15 mai) en fin de journée, M. Macron fera également des annonces en matière de livraison d’armes, précisent les services de l’Élysée. Aucun chiffre n’a, pour l’heure, été communiqué, mais « la France vise à fournir des capacités complètes dans tous les domaines », complètent-ils.
En revanche, la question de l’envoi d’avions de chasse reste « prématurée », dans la mesure où « les pilotes ukrainiens n’ont pas été formés sur des systèmes français », déclarent-ils. Mais « rien n’est fermé et des formations pourraient être dispensées si nécessaire ».
Les services du président de la République notent également que l’industrie devrait se « préparer à produire plus vite des munitions » et pour cela, intensifier les commandes communes de pays européens.
Côté diplomatie, plusieurs évènements sont en préparation pour les prochaines semaines : sommet du Conseil de l’Europe les 16 et 17 mai à Reykjavik en Islande, le sommet du G7 au Japon du 19 au 21 mai prochain, le sommet de la Communauté politique européenne en Moldavie le 1er juin et le sommet de l’OTAN à Vilnius en Lituanie en juillet prochain.
L’objectif de ces sommets sera de « trouver des mesures de paix qui associe les pays émergents », avance l’Élysée. Pour l’heure, tous ces pays n’ont pas adopté la même posture face à la guerre en Ukraine. Il faudra donc trouver une « articulation du plan de paix qui a été proposé par le président M. Zelensky », et sur lequel « la République française travaille déjà », précise l’Élysée.
À Reykjavik, les entretiens se concentreront en grande partie sur le volet « justice internationale » du conflit. Dans ce cadre, la France « encourage d’autres pays à les rejoindre [avec l’Ukraine] et à susciter un soutien international pour la création d’un tribunal ad hoc » pour juger de potentiels crimes d’agression, avancent les services de la présidence.
En outre, afin que l’Ukraine puisse être indemnisée des pertes, blessures et dommages de l’agression russe, l’officialisation d’un registre international des dommages à Reykjavik constituera une « étape importante », note la présidence.
Au sujet de l’assistance humanitaire et financière, la France « continuera de monter en puissance », indique le cabinet de M. Macron, notamment sur le volet alimentaire, avec un soutien au lancement du programme « Grain from Ukraine » qui vise à aider les pays qui souffrent des conséquences de la guerre sur leurs approvisionnements alimentaires.
Enfin, « la France soutient fermement l’Ukraine dans ses efforts de réformes et dans sa volonté de remplir les conditions nécessaires d’ici la fin 2023 » pour être candidat à l’adhésion à l’UE, conclut l’Élysée.