La gauche grecque, choquée, panse ses plaies après le désastre électoral
En Grèce, le principal parti d’opposition de gauche, Syriza (Gauche européenne), est plongé dans une crise profonde après la victoire du parti conservateur Nouvelle Démocratie (PPE) lors des élections de dimanche (21 mai), qui est désormais en passe de former un gouvernement à parti unique.
En Grèce, le principal parti d’opposition de gauche, Syriza (Gauche européenne), est plongé dans une crise profonde après la victoire du parti conservateur Nouvelle Démocratie (PPE) lors des élections de dimanche (21 mai), qui est désormais en passe de former un gouvernement à parti unique.
Les sondages ne prévoyaient pas la large victoire du parti conservateur, créant la surprise même parmi les responsables politiques de droite les plus optimistes.
Nouvelle Démocratie possède une nette avance de 20 points sur Syriza. Le Premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, a déclaré qu’il chercherait à former un gouvernement à parti unique lors du second tour, qui devrait avoir lieu le 25 juin ou le 2 juillet.
L’avenir d’Aléxis Tsípras incertain
« Le résultat des élections est extrêmement négatif pour Syriza », a déclaré M. Tsípras, le chef de file de la gauche, dans un communiqué télévisé.
M. Tsípras a ajouté qu’il y aurait un second vote « et que nous n’avons donc pas de temps à perdre ».
« Nous devons immédiatement procéder à tous les changements nécessaires pour offrir les meilleures conditions possibles lors de la prochaine bataille électorale cruciale et finale », a-t-il indiqué, sans préciser quels pourraient être ces changements.
Les médias grecs ont rapporté qu’aucune discussion ne serait lancée concernant la direction de Syriza. Toutefois, il est fort probable que ce débat ait lieu après le second tour.
Tous les partis d’opposition de centre gauche et de gauche ont rejeté la responsabilité de la victoire de Nouvelle Démocratie sur M. Tsípras.
Selon Níkos Androulákis, président du Pasok, M. Tsípras était le « sponsor en or » de Nouvelle Démocratie.
La première analyse suggère que, depuis les élections de 2019, Syriza a perdu 700 000 électeurs, lesquels ont préféré d’autres partis de gauche.
Les socialistes grecs ont obtenu de bons résultats, enregistrant un score de 11,6 %, tandis que de nombreux électeurs de Syriza semblent s’être tournés vers DiEM25, le parti de Yánis Varoufákis (ancien ministre des Finances sous le gouvernement de M. Tsipras), ainsi que vers le parti Cap sur la liberté dirigé par Zoé Konstantopoúlou (ancienne membre de Syriza), qui n’a pas réussi à faire son entrée au Parlement.
Les médias grecs font état d’un risque important de renversement de Syriza au second tour : le Pasok occupe désormais la deuxième place et se présente comme la principale alternative « progressiste » de la politique grecque.
« Élu et incontrôlable »
Dans son article principal de lundi (22 mai), le site d’information influent News247.gr rapporte que Kyriákos Mitsotákis est « élu et incontrôlable ».
« Les partis qui considèrent avoir gagné en raison de la défaite stratégique de Syriza se retrouveront face aux surprises d’un régime qui, plutôt que la responsabilité du pouvoir, verra simplement le feu vert pour gouverner sans limites », peut-on lire dans l’article.
« Le danger d’une “orbanisation” du pays est désormais évident. Les personnes qui le perçoivent doivent s’unir, s’organiser et réagir avec un plan, du sérieux et la conviction que rien n’a pris fin hier », indique l’auteur de l’article.
Les médias grecs rapportent également que le scandale des écoutes téléphoniques qui secoue la politique grecque depuis des mois ne semble pas avoir touché l’électorat.
En outre, le récent accident de train meurtrier qui a causé la mort de 57 personnes ne semble pas avoir perturbé l’électorat non plus.
Kóstas Karamanlís, le ministre des Transports qui a démissionné après l’accident, a été réélu, arrivant en tête dans sa circonscription du nord de la Grèce avec plus de 23 000 voix.
Selon les analystes, la victoire de Nouvelle Démocratie est tellement incontestable qu’un nouveau discours des forces de gauche sera difficile à entendre au second tour.
En outre, Nouvelle Démocratie devrait renforcer sa position au sein de la famille de centre droit de l’UE (PPE), étant donné que le parti est devenu le « gouvernement de centre -droit le plus fort de l’UE », comme l’a déclaré Kyriákos Mitsotákis hier.