La Grèce accusée d’avoir bloqué l’adhésion de la Macédoine à l’OTAN

La Cour internationale de justice a décidé aujourd’hui (5 décembre) qu’en bloquant la candidature d’adhésion de la Macédoine à l’OTAN en avril 2008, la Grèce avant enfreint un accord bilatéral signé entre les deux pays en 1995.

EURACTIV.com
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La Cour internationale de justice a décidé aujourd’hui (5 décembre) qu’en bloquant la candidature d’adhésion de la Macédoine à l’OTAN en avril 2008, la Grèce avant enfreint un accord bilatéral signé entre les deux pays en 1995.

La décision de la cour basée à La Haye, adoptée à 15 votes contre un, stipule qu'en s'opposant à l'adhésion de la Macédoine à l'OTAN en avril 2008, la Grèce a manqué à son obligation de ne pas s'opposer à l'adhésion de ce pays à toute organisation internationale à condition qu'il soit désigné comme « l'ancienne République yougoslave de Macédoine » (ARYM).

Les affirmations de la Grèce selon lesquelles la cour n'aurait pas compétence pour trancher le litige ont également été rejetées.

Même si le nom de la Macédoine est reconnu comme le nom constitutionnel du pays par tous les Etats membres de l'UE, excepté la Grèce, ce conflit a mené à une impasse s'agissant de l'adhésion du pays à l'UE et à l'OTAN.

Le verdict de la cour internationale a une valeur plutôt symbolique, dans la mesure où elle ne peut pas imposer d'amende à la Grèce ou l'empêcher de recommencer. Toutefois, cet arrêt met en exergue le fait que le véto d'Athènes sur le lancement des négociations d'adhésion avec Skopje est d'autant plus injustifié.

Malgré qu'elle se soit vu octroyer le statut de candidat dès décembre 2005, la Macédoine n'est toujours pas en mesure d'entamer les négociations avec l'UE. La Croatie, une autre ancienne république yougoslave, a quant à elle obtenu le statut de candidat en 2004, entamé les négociations en 2005 et signera son traité d'adhésion vendredi prochain.

« Cet arrêt représente un pas en avant vers l'OTAN et l'UE  », a déclaré le ministre macédonien des affaires étrangères, Nikola Poposki, cité par le quotidien Utrinski vesnik.

M. Poposki a ajouté que les deux parties ne devraient pas se considérer comme vainqueurs ou perdantes, en soulignant que l'adhésion de son pays à l'UE et à l'OTAN servirait également les intérêts de la Grèce.

« Je souhaite que la Grèce nous autorise à rejoindre l'OTAN, conformément à ses obligations eu égard au droit international, et avec l'appui des autres membres de l'Alliance », a poursuivi M. Poposki.

Le ministre grec des affaires étrangères a cependant déclaré que le jugement n'avait aucune incidence sur le processus décisionnel de l'OTAN, et qu'il n'en aurait pas. « Plus précisément, nous souhaitons rappeler que les décisions de l'OTAN, notamment celles des sommets de Bucarest (2008), Strasbourg (2009) et Lisbonne (2010), ont été prises à l'unanimité et reflètent la conviction commune de ses membres que la question du nom de l'ancienne République yougoslave de Macédoine doit être résolue avant que le pays puisse rejoindre l'Alliance », a insisté Athènes.

La Grèce a appelé à poursuivre les négociations dans l'espoir de trouver une solution acceptable pour les deux parties à propos du nom de l'ARYM, et exprimé son souhait de voir Skopje entamer des négociations de bonne foi. Selon elle, ce problème de nom ne pourrait être résolu « que par des négociations sous les auspices des Nations Unies ».