La Grèce augmente le salaire minimum dans un contexte de flambée des prix

Le gouvernement conservateur grec du parti Nouvelle Démocratie a décidé de porter le salaire minimum de 663 euros à 713 euros avant impôts. Toutefois, l’opposition et les syndicats ont déclaré qu’il s’agissait de « broutilles » incapables de couvrir la hausse des prix.

EURACTIV.com / EURACTIV.gr
European Brexit Summit in Brussels
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors de la deuxième journée d’un sommet de l’UE à Bruxelles, en Belgique, le 18 octobre 2019. [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

Le gouvernement conservateur grec du parti Nouvelle Démocratie a décidé de porter le salaire minimum de 663 euros à 713 euros avant impôts. Toutefois, l’opposition et les syndicats ont déclaré qu’il s’agissait de « broutilles » incapables de couvrir la hausse des prix.

La mesure, qui entrera en vigueur le 1er mai, prévoit qu’environ 650 000 salariés toucheront mensuellement 713 € avant impôts, ce qui signifie, en pratique, 613 € de salaire net (569 € aujourd’hui).

« Les près de 650 000 salariés de cette catégorie gagneront plus qu’un salaire net supplémentaire par an. Un 15e salaire s’ajoute, désormais, à leurs revenus », a déclaré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis dans un discours télévisé.

Mais les syndicats et les partis d’opposition ont réagi, affirmant que l’augmentation de 44 euros du salaire net n’aidera pas les citoyens à faire face à la flambée sans précédent des prix, notamment dans le secteur de l’énergie.

Selon des données officielles, les Grecs paient les factures d’électricité les plus élevées de l’UE, et le gouvernement est sous pression pour prendre des mesures supplémentaires contre un prétendu « cartel local de l’énergie ».

Le gouvernement a promis de prendre des mesures pour contrôler les prix de l’énergie si aucune réponse à l’échelle de l’UE n’est convenue. Toutefois, la marge de manœuvre budgétaire pour un soutien financier continu est limitée, étant donné qu’Athènes a la dette publique la plus élevée de la zone euro.

Les citoyens réduisent leurs dépenses en biens de première nécessité

La Confédération générale des travailleurs grecs a récemment publié une enquête suggérant que les citoyens ont considérablement réduit leurs dépenses en produits de première nécessité, leur pouvoir d’achat ayant subi un coup dur.

Près de 60 % des salariés affirment que la hausse des prix a entraîné une réduction de la consommation de produits alimentaires de base, tandis que 74 % des salariés disent avoir réduit leur consommation de chauffage, a rapporté le site d’information In.gr.

Le même site a indiqué que seuls les employeurs seraient « soulagés » par cette légère augmentation du salaire minimum.

L’association a également déclaré que la Grèce est le seul État membre de l’UE dont le salaire minimum est inférieur au niveau de 2009, et qu’aucune augmentation n’a été prévue pour la période 2020-2021.

Les employés insistent pour que le salaire minimum soit fixé à 751 € mensuels, tandis que de nouvelles mesures devraient être prises pour décourager les formes d’emploi flexibles.

L’opposition s’insurge

L’annonce de Mitsotakis a déclenché la vive réaction des partis d’opposition qui ont déclaré que cet « argent de poche » ne pouvait pas répondre à la réalité critique de la flambée des prix.

Le principal parti d’opposition, Syriza (gauche européenne), a souligné que « le salaire de Mitsotakis ne suffit même pas à payer les factures d’électricité ».

Syriza, qui espère former un gouvernement progressiste avec les socialistes lors des prochaines élections, a déclaré qu’il augmenterait immédiatement le salaire minimum à 800 euros et détruirait simultanément la « jungle des relations de travail » créée par le gouvernement conservateur.

De leur côté, les socialistes (Pasok) ont déclaré que le salaire minimum devrait être fixé à 751 €, et que les conventions collectives libres devraient s’appliquer.

« 700 000 employés à temps partiel ou intermittents recevront une augmentation brute (moyenne) de 25 euros ! », a déclaré le Pasok dans un communiqué.