La Grèce écarte l'aide de l'UE alors que son insolvabilité est imminente

Suite à de nombreuses discussions sur l'insolvabilité imminente, le ministre des finances grec a dit qu'il ne demanderait pas tout de suite un prêt à la zone euro. Par ailleurs, la Commission européenne essaie d'apaiser les craintes selon lesquelles l'UE n'apporterait pas une aide à des taux favorables si Athènes le demandait.

Suite à de nombreuses discussions sur l'insolvabilité imminente, le ministre des finances grec a dit qu'il ne demanderait pas tout de suite un prêt à la zone euro. Par ailleurs, la Commission européenne essaie d'apaiser les craintes selon lesquelles l'UE n'apporterait pas une aide à des taux favorables si Athènes le demandait.

Jouant la carte de la précaution, le ministre des finances grec George Papaconstantinou a dit qu'il ne rechercherait pas l'aide de la zone euro pour réduire le fort déficit budgétaire du pays, bien qu'il ait reconnu que le mécanisme d'aide était une étape importante pour l'Europe et la Grèce.

Un membre de l'équipe de M. Papaconstantinou a confié à EURACTIV que la Grèce ne demanderait pas à l'UE d'intervenir, faisant écho à la détermination du ministre de ne pas exiger d'aide de la zone euro.

Nous avons l'ultime responsabilité de remettre le pays sur les rails et de corriger des erreurs et omissions de longue date, a dit le ministre des finances après avoir rencontré la presse grecque à Athènes aujourd'hui (9 avril).

Cependant, M. Papaconstantinou semble être pris dans un dilemme pour collecter des fonds pour le budget du pays en baisse.

La production industrielle a chuté de 9,2 % en février comparé à l'an dernier, et les économistes prédisent que le pays n'atteindra pas l'objectif de l'UE de réduire le déficit à 4 % avant la fin de l'année.

Les marchés peu convaincus par le plan de sauvetage de l'UE

Les marchés financiers semblent peu convaincus par le récent accord de la zone euro sur l'insolvabilité de la Grèce, alors que les obligations grecques sont vendues avec frénésie et que les écarts de taux s'élargissent.

La Grèce a besoin d'emprunter environ 11 milliards d'euros avant la fin du mois de mai pour couvrir la dette qui vient à échéance et le paiement des intérêts.

Des sources proches du ministre des finances ont dit à la presse qu'il était peu probable qu'il se tourne vers les marchés de capitaux pour collecter des fonds pour l'économie assiégée car les taux d'intérêt restent trop élevés.

La Commission européenne a confirmé aujourd'hui que même si les pays de la zone euro se tenaient prêts à déployer leurs prêts à la Grèce, les détails tels que les taux d'intérêts seraient traités plus tard.

Taux d'intérêt

Dans les coulisses, les pays semblent être en désaccord sur la grandeur des taux d'intérêt, alors que les fonctionnaires de l'UE semblent dire que l'Allemagne et les Pays-Bas craignent qu'un taux d'intérêt favorable pour la Grèce crée un préjudice moral.

Les analystes soutiennent que les primes de risque des obligations du gouvernement du pays sont peu susceptibles de diminuer considérablement sans garanties de la zone euro selon lesquelles le pays peut emprunter au bloc à un taux raisonnable.

Par ailleurs, les rapports de la presse grecque ont adopté un ton tout à fait différent des rapports bruxellois, car les documents grecs louent une réduction des déficits de 40 % pour les trois premiers mois de 2010.

Toutefois, la situation dans le secteur bancaire du pays n'inspire pas confiance.

D'après les rapports de la Grèce, les riches Grecs et les entreprises basées en Grèce continuent de retirer de grosses sommes d'argent, alors que les banques du pays sont maintenues à flot par la Banque Centrale Européenne et le fonds de sauvetage national.