La Grèce pourrait prendre de nouvelles mesures d’austérité prochainement

Le FMI, la Commission et la Banque centrale européenne demanderaient à Athènes de réduire son déficit de 10 points entre 2010 et 2011, selon des sources syndicales grecques.

EURACTIV.fr

Le FMI, la Commission et la Banque centrale européenne demanderaient à Athènes de réduire son déficit de 10 points entre 2010 et 2011, selon des sources syndicales grecques.

Athènes va adopter des mesures d’austérité plus sévères pour rassurer les marchés et ses partenaires européens, au risque cependant de subir l’opposition frontales des syndicats grecs.

Les discussions entre la Grèce, les autorités européennes et le Fonds monétaire international pourraient aboutir à des coupes dans les salaires du public et du privé et à une nouvelle augmentation de la fiscalité en échange d’un plan d’aide financière sur trois ans, ont déclaré, jeudi 29 avril, plusieurs responsables syndicaux.

« Ils (le FMI et l’UE) veulent que la Grèce réduise son déficit de 10 points de pourcentage en 2010 et 2011 afin que la Grèce puisse revenir et emprunter sur les marchés au cours de la troisième année du programme », a indiqué à Reuters un responsable syndical sous le sceau de l’anonymat.

L’Union européenne avait estimé il y a quelques semaines que de nouvelles mesures d’économies ne seraient pas nécessaires cette année mais nombre d’économistes jugent au contraire que la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI, qui mènent les discussions avec les autorités grecques réclameront de nouvelles réformes en échange des dizaines de milliards d’euros de prêts en vue.

Les mesures discutées portent notamment sur un relèvement de deux à quatre points du taux de la TVA, actuellement à 21%, ainsi que sur une baisse des primes et des avantages sociaux dans le secteur public. Une hausse d’au moins 10% des taxes sur le tabac, l’alcool et les carburants est également envisagée.

« Toutes ces mesures sont sur la table », a dit une source qui a requis l’anonymat. « Elles ne sont pas encore définitives. »

Les autorités grecques devraient annoncer les modalités de l’accord d’ici lundi, ont précisé des sources.

Si les Allemands restent majoritairement hostile à une aide à la Grèce, ils ne sont toutefois plus que 57% dans ce cas contre 68% en février, a montré une étude publiée jeudi par l’institut Emnid, ce qui pourrait être de nature à faire fléchir Angela Merkel qui continue d’afficher sa réticence.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré jeudi qu’il n’existait aucune alternative à l’octroi d’une aide à la Grèce, même si elle doit être assortie de conditions très dures. Une sortie de la Grèce de la zone euro aurait, de l’avis des experts, de graves conséquences sur l’Allemagne, a-t-il poursuivi.

Affirmant que la Grèce ne pouvait être éjectée de la zone euro, le ministre a cependant ajouté qu’il n’était pas encore certain que Berlin approuve une aide financière à la Grèce, estimant que l’on saura dimanche si une solution peut être définitivement trouvée.

De Chine, le président français Nicolas Sarkozy a quant à lui dénoncé les attaques spéculatives menées contre l’euro, tout en assurant de la parfaite entente existant entre la France et l’Allemagne.

CALENDRIER :

  • Lundi 3 mai: Les autorités grecques devraient préciser les modalités de leur plan de réduction des déficits
  • Mardi 4 mai : Vote du projet de loi de finance rectificatif à l’Assemblée nationale sur le plan d’aide à la Grèce
  • Vendredi 7 mai: L’Allemagne pourrait présenter un projet de loi pour aider la Grèce
  • Lundi 10 mai : Réunion de l’eurogroupe pour déclencher le plan d’aide