La Grèce rétrogradée attend le plan d’aide européen

Alors que les bourses européennes ont cloturé en très forte baisse, mardi 27 avril, la zone euro devrait attendre le 10 mai pour déclencher le plan d’aide à Athènes.

EURACTIV.fr
c239dbe1631457c9ea2d227af44f3d7d.jpg
c239dbe1631457c9ea2d227af44f3d7d.jpg

Alors que les bourses européennes ont cloturé en très forte baisse, mardi 27 avril, la zone euro devrait attendre le 10 mai pour déclencher le plan d’aide à Athènes.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a confirmé depuis le Japon, où il est en voyage officiel, son intention de convoquer une réunion des chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro « autour du 10 mai ». Cette rencontre, qui interviendrait donc au lendemain de l’élection dans le land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie, doit avoir pour but de déclencher le dispositif d’aide à la Grèce. 

Cette annonce fait suite à une très mauvaise journée sur les bourses européennes. Celles-ci ont creusé leurs pertes en fin de séance, mardi 27 avril, et clôturé en forte baisse après l’annonce par l’agence de notation Standard & Poors de l’abaissement de la note d’émetteur souverain du Portugal puis de la rétrogradation de celle de la Grèce en catégorie pourrie »junk« .
 
Le CAC 40, déjà pénalisé par les inquiétudes entourant la Grèce, a terminé en repli de 3,82% à 3.844,60 points, marquant ainsi sa première clôture sous le seuil de 3.900 points depuis mars. L’indice pan-européen FTSEurofirst 300 a quant à lui chuté de 2,64% à 1.073,84 points. Il s’agit de la plus forte baisse de l’indice parisien depuis plus d’un an. 
 
Plus tôt dans la matinée, le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, avait indiqué que la Grèce ne pouvait plus emprunter sur les marchés. 

« La date-butoir est le 19 mai car c’est à cette date qu’une obligation grecque souveraine d’une valeur de 9 milliards d’euros arrive à échéance », a rappelé le ministre lors d’une intervention devant les députés socialistes grecs. 

« Etant donné notre incapacité à accéder aux marchés, la procédure devra être achevée, approuvée et signée à cette date, et l’argent débloqué par le FMI et nos partenaires européens », a-t-il poursuivi. Il a par la suite condamné les hésitations de l’Europe au sein de laquelle « des voix discordantes » s’expriment et a indiqué que la stratégie de l’UE « manquait de clarté. »

L’aide financière en faveur de la Grèce doit s’attaquer aux faiblesses économiques et structurelles du pays, a déclaré quant à lui Lucas Papademos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

L’ancien dirigeant de la Banque de Grèce a souligné que la pression des marchés financiers s’était encore accrue malgré les promesses d’Athènes d’assainir les finances publiques du pays et le soutien des autorités européennes aux réformes du gouvernement grec.
 
Le coût de l’assurance contre un défaut de la Grèce a sauté, mardi, de records en records, les investisseurs s’interrogeant toujours sur l’attitude adoptée par l’Allemagne qui reste réticente à venir en aide à Athènes.
 
« L’inquiétude sur la question de la dette grecque est énorme. Les tergiversations de l’Union européenne, du FMI et de la chancelière Merkel rendent les gens nerveux », a souligné David Buik, analyste des marchés de BGC Partners.
 
« La Grèce ne peut pas se permettre un plan de remboursement draconien ou un plan d’économie draconien. On a l’Espagne qui pourrait suivre, le Portugal qui pourrait suivre, et c’est un souci majeur. »