La Grèce s'apprête à expulser 1600 immigrés clandestins

Athènes a pris des mesures contre les immigrés clandestins : 6000 personnes ont été arrêtées le week-end dernier (4-5 août) et 1600 d'entres elles sont  à présent sur le point d'être expulsées.

EURACTIV.com
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Athènes a pris des mesures contre les immigrés clandestins : 6000 personnes ont été arrêtées le week-end dernier (4-5 août) et 1600 d'entres elles sont  à présent sur le point d'être expulsées.

 

Le pays a envoyé 1800 policiers pour aider la mission Frontex de l'UE à surveiller la frontière gréco-turque en réponse à une augmentation attendue du nombre d'immigrés en provenance de Syrie suite à l'aggravation de la crise dans le pays.

 

Environ 100 000 immigrés clandestins arriveraient en Grèce chaque année, la plupart passant par la Turquie. Des fonctionnaires grecs ont associé les mesures prises au nombre croissant de réfugiés syriens et à l'impact de l'immigration sur le taux de criminalité, notamment la consommation de drogues.

 

Le ministre de l'ordre public, Nikos Dendias, a expliqué que la situation économique de la Grèce impliquait qu'elle ne pouvait pas se permettre une « invasion d'immigrés ». Il a qualifié la question de l'immigration de « bombe sur les fondations de la société et de l'Etat ».

 

Sur les expulsions, M. Dendias a déclaré à la presse grecque qu'il s'agissait de la meilleure chose qui pouvait leur arriver, dans la mesure où ils vivaient dans des conditions misérables à Athènes.

 

Un problème récurrent

 

L'immigration clandestine a toujours été un sujet sensible sur la scène politique grecque, mais le sentiment anti-immigrés a pris de l'ampleur récemment, avec des gangs cagoulés pourchassant, frappant et abusant des étrangers. En raison de ces attaques xénophobes, un million de personnes en Grèce craignent de sortir dans la rue, a déclaré Human Rights Watch le mois dernier.

 

Le parti de l'Aube dorée d'extrême droite, qui a remporté 7 % des voix lors des élections cette année, présente un programme hostile aux immigrés et a été accusé d'attaques racistes dans la capitale.

 

Dans un communiqué, le parti a qualifié les mesures prises récemment de « coup médiatique mal organisé », affirmant que le gouvernement n'expulsait pas réellement des immigrés et trompait la population en les envoyant dans d'autres régions grecques.

 

Les partis de gauche ont fustigé l'opération « Xenios Zeus » et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) craint que les demandeurs d'asile soient malmenés et ne puissent pas jouir de leur droit à une protection. « Les personnes qui ont réellement besoin d'une protection doivent être à même de la demander », a déclaré Petros Mastakas des bureaux du UNHCR à Athènes.

 

« Il est très difficile, voire impossible, pour les demandeurs d'asile de demander une protection et nous craignons que parmi les personnes arrêtées, certaines souhaitent une protection sans avoir pu soumettre leur requête, car l'accès aux autorités concernées est pratiquement impossible », a-t-il expliqué.

 

La Commission est d'accord tant que les règles sont respectées

 

Athènes a subi les critiques de l'UE sur le grand nombre d'immigrés qui traversent sa frontière chaque année, dans la mesure où bon nombre d'entre eux poursuivent ensuite leur chemin vers l'Europe du Nord. La Grèce estime toutefois devoir porter une trop lourde part du fardeau de l'immigration européenne en raison de sa situation géographique et appelle les autres pays à l'aider dans la résolution du problème.

 

« La Commission a encouragé le gouvernement grec à améliorer sa gestion des frontières et à renforcer ses contrôles depuis plusieurs mois », a déclaré une porte-parole de l'exécutif européen.

 

La Commission a donc salué l'initiative prise par le gouvernement grec de renforcer sa politique, même si elle a tenu à rappeler que tout contrôle devait être réalisé en conformité avec les règles de l'UE sur l'asile. 

 

La porte-parole a ajouté que le pays devait s'assurer que les règles de l'Union sur l'accès à la procédure d'asile devaient être observées conformément à la directive européenne en la matière et que les limitations des possibilités de détentions devaient respecter la directive sur le retour des immigrés.