La Hongrie accusée d’avoir espionné des fonctionnaires de l’UE dans un rapport

Les services de renseignement hongrois ont espionné des fonctionnaires européens en visite à Budapest, selon un rapport conjoint du journal belge De Tijd et de l’ONG hongroise Direkt36, publié ce vendredi 6 décembre.

EURACTIV.com
European Political Community Summit Held In Budapest
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'exprime lors d'une conférence de presse au sommet de la Communauté politique européenne à la Puskas Arena le 7 novembre 2024 à Budapest, en Hongrie. [Janos Kummer/Getty Images]

Les services de renseignement hongrois ont espionné des fonctionnaires européens en visite à Budapest en fouillant leurs chambres d’hôtel et en téléchargeant des informations sur leurs ordinateurs portables, selon un rapport conjoint du journal belge De Tijd et de l’ONG hongroise Direkt36, publié ce vendredi 6 décembre.

L’agence d’espionnage hongroise, Információs Hivatal (IH), aurait également recueilli des informations auprès de citoyens hongrois travaillant dans les institutions européennes, soit en les incitant à coopérer, soit en les espionnant à leur insu, selon le rapport.

Si les inquiétudes concernant l’espionnage ciblant les institutions de l’Union européenne (UE) n’ont rien de nouveau, ces informations sont inédites, car elles concernent l’espionnage présumé de la part d’un État membre de l’UE, et non d’adversaires plus prévisibles tels que la Russie et la Chine.

Cette affaire d’espionnage présumé semble remonter à plusieurs années. Ces derniers mois, cependant, les fonctionnaires des institutions de l’UE et des États membres se sont rendus à Budapest plus souvent qu’à l’accoutumée, puisque la Hongrie assume depuis juillet la présidence tournante du Conseil de l’UE.

De Tijd rapporte que « presque toute une division au sein de l’IH a été développée» pour surveiller les institutions de l’UE. Le quotidien flamand cite « plusieurs sources qui connaissent les rouages des services de renseignement hongrois».

Le rapport décrit en détail la surveillance ciblée d’enquêteurs de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) entre 2015 et 2017. L’OLAF enquêtait à l’époque sur d’éventuels détournements de fonds européens et avait envoyé des fonctionnaires en Hongrie à quatre reprises. Les agents des services de renseignement hongrois ont enregistré les appels téléphoniques des enquêteurs du service européen antifraude, les ont suivis et ont espionné leurs réunions privées.

Selon le rapport, les enquêteurs de l’OLAF avaient remarqué qu’ils étaient suivis lors de leurs déplacements en voiture. L’Office de lutte antifraude a toutefois refusé de répondre aux questions de De Tijd à ce sujet.

L’OLAF n’était pas le seul organe visé. « Selon nos sources, il y a eu des périodes où presque toutes les délégations de l’UE en visite en Hongrie ont été espionnées », rapporte De Tijd.

Euractiv n’a pas vérifié de manière indépendante les allégations publiées par De Tijd mais a contacté le gouvernement hongrois et la Commission européenne pour obtenir des commentaires.

[Édité par Anna Martino]