La Hongrie minimise les inquiétudes de l'UE sur les conditions d'entrée des Russes et Biélorusses

Mercredi 21 août, la Hongrie a répondu à la demande d'explication de Bruxelles concernant l’assouplissement des conditions d’entrée des ressortissants russes et biélorusses dans l'espace Schengen, balayant les risques sécuritaires soulevés par l'Union européenne (UE).

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EU home affairs Ministers meeting on migration
Brussels, Belgium, September 14, 2015. -- Hungarian Minister for interior Sándor Pintér arrives for a meeting of EU justice and interior ministers at the EU Council building. EU ministers will discuss the current migration crisis. (Photo by Thierry Tronnel/Corbis via Getty Images) [Thierry Tronnel/Corbis via Getty Images]

Mercredi 21 août, la Hongrie a répondu à la demande d’explication de Bruxelles concernant l’assouplissement des conditions d’entrée des ressortissants russes et biélorusses dans l’espace Schengen, balayant les risques sécuritaires soulevés par l’Union européenne (UE).

La lettre, rendue publique par le ministre hongrois des Affaires européennes, János Bóka, et adressée à la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson, a été envoyée après l’expiration, lundi 19 août, du délai fixé par la Commission européenne à la Hongrie pour répondre à ces questions.

Au début du mois, Ylva Johansson avait averti Budapest que sa décision d’assouplir les restrictions en matière de visas pour les ressortissants russes et biélorusses constituait une menace potentielle pour la sécurité de l’UE. Elle avait déclaré qu’elle prendrait des mesures si ses inquiétudes n’étaient pas prises en compte, en fixant la date butoir du 19 août pour obtenir une réponse de la Hongrie.

Le programme d’immigration hongrois, récemment ouvert à la Russie et à la Biélorussie, permet aux « travailleurs invités » de rester dans le pays pendant deux ans. Ce permis est renouvelable pour trois années supplémentaires, et peut ouvrir la voie à la résidence permanente.

Des fonctionnaires de l’UE et de nombreux États membres ont exprimé leur inquiétude quant au fait que cette mesure pourrait permettre aux espions et aux saboteurs russes d’entrer dans l’espace Schengen.

« La carte nationale sera délivrée conformément au cadre de l’UE en la matière, et en tenant dûment compte des éventuels risques de sécurité encourus », a écrit dans la lettre le ministre hongrois de l’Intérieur, Sándor Pintér, qui explique que les demandeurs russes et biélorusses seront soumis au même processus de contrôle que ceux d’autres nationalités.

« À cet égard, la législation et les pratiques hongroises, auxquelles la Commission ne s’est pas opposée jusqu’à présent, n’ont pas changé », a précisé Sándor Pintér, ajoutant qu’une annexe à sa lettre, qui n’a pas été rendue publique, fournirait des réponses détaillées aux questions posées par Bruxelles.

« La Hongrie continue d’accorder une grande importance à la protection de sa sécurité nationale et à la sécurité de l’espace Schengen dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Janos Boká, quant à lui, a affirmé que seule « une fraction des citoyens russes et biélorusses résidant dans l’UE se trouve en Hongrie, et que la Hongrie est responsable d’une fraction des permis de séjour délivrés ».

Une porte-parole de la Commission européenne a confirmé à Euractiv la réception de la lettre mercredi, mais n’a pas précisé quelles pourraient être les prochaines étapes. « Nous venons de recevoir la lettre. Nous devrons l’analyser », a-t-elle simplement dit.