La Lituanie déclare l'état d'urgence après l'intrusion de ballons biélorusses dans son espace aérien
L'aéroport de Vilnius a déjà été contraint de fermer pendant plus de 60 heures à cause des ballons.
Le gouvernement lituanien a officiellement déclaré l’état d’urgence mardi en réponse aux perturbations répétées des aéroports et de l’espace aérien du pays par des ballons envoyés depuis la Biélorussie.
En déclarant l’état d’urgence, le gouvernement lituanien souhaite mieux contrôler la menace que représentent ces ballons pour l’aviation civile et accorder à l’armée des droits spéciaux pour travailler avec le ministère de l’intérieur ainsi que de manière autonome, explique le communiqué du gouvernement.
Au cours des derniers mois, le pays balte a vu une recrudescence de ballons dans son ciel, semant le chaos dans le plus grand aéroport du pays, situé à moins de 50 km de la frontière biélorusse et contraint de fermer pendant plus de 60 heures. Cette activité, qui s’est amplifiée en octobre, a conduit la Lituanie à fermer ses deux postes-frontière avec la Biélorussie à la fin du mois.
La semaine dernière, le gouvernement avait déjà déclaré l’état d’urgence dans le pays afin de lutter contre ces incursions. L’état d’urgence est la prochaine étape.
Les mesures actuellement mises en place par le gouvernement comprennent déjà des contrôles à la frontière avec la Biélorussie et la saisie des ballons. L’armée, stationnée à la frontière, teste des moyens de neutraliser les cibles et de surveiller l’espace aérien.
Les incursions de ballons biélorusses constituent une « attaque hybride », selon la Lituanie. Pour le gouvernement, elles représentent « une menace permanente pour les intérêts de la sécurité nationale et un danger pour la vie humaine, la santé, les biens et/ou l’environnement ». L’ensemble du pays est placé en état d’urgence car les ballons peuvent se déplacer au gré du vent et constituent donc une menace pour l’ensemble du territoire, indique le communiqué.
Le terme « attaque hybride » est souvent utilisé par les politiciens pour décrire les menaces qui pèsent sur les sociétés et qui ne constituent pas des attaques armées directes. Cela englobe les perturbations des infrastructures critiques, les coupures d’électricité ou les cyberattaques lorsqu’elles sont attribuées à un acteur malveillant. Comme il est plus difficile de remonter jusqu’à leur auteur que dans le cas d’une agression armée, il est également plus compliqué pour les politiciens d’identifier le responsable.
Les ballons ont fait la une des journaux après une recrudescence des drones en Europe de l’Est, au Danemark et en Belgique au début de l’automne, les dirigeants politiques pointant du doigt la Russie.
L’alliance militaire de l’OTAN a déployé des défenses aériennes et anti-drones supplémentaires et a prévu de tester d’autres mesures anti-drones à la suite de cette recrudescence.
La Lituanie a également demandé que l’UE renforce ses sanctions contre la Biélorussie.