La loi contre la corrida tuée dans l'œuf à l'Assemblée nationale
La proposition de loi (PPL) visant à abolir la corrida qui devait être votée à l’Assemblée nationale ce jeudi (24 novembre) a été retirée faute de temps disponible. Une nouvelle loi « transpartisane » est prévue.
La proposition de loi (PPL) visant à abolir la corrida qui devait être votée à l’Assemblée nationale ce jeudi (24 novembre) a été retirée faute de temps disponible. Une nouvelle loi « transpartisane » est prévue.
« Nous ne pourrons pas abolir la corrida en France aujourd’hui ». Le député et rapporteur de la loi Aymeric Caron s’est résigné à jeter l’éponge devant la centaine d’amendements déposés par ses opposants.
Au programme d’une niche parlementaire, une séance de 24 heures dont l’ordre du jour est fixé par l’opposition, en l’occurrence La France Insoumise, la proposition de loi contre la corrida faisait partie des multiples lois qui devaient être débattues avant minuit ce jeudi.
Dans un hémicycle chauffé à blanc, aux allures d’arène, M. Caron a dénoncé une « obstruction » volontaire de ses collègues opposants, les accusant d’avoir déposé des amendements dans l’unique but de bloquer le processus. De la « lâcheté » pour le député antispéciste.
Cette loi visait à modifier les articles 521-1 et 522-1 du Code pénal, en supprimant la dérogation « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ».
Nouvelle « loi transpartisane »
Les défenseurs de la corrida, siégeant de l’extrême droite (RN) jusqu’au parti présidentiel (Renaissance), en passant par la droite (LR) et le centre (Modem), n’ont pas manqué de se faire entendre.
Ils ont accusé à leur tour le groupe La France insoumise d’avoir fait volontairement marche arrière, afin de leur laisser le temps de voter d’autres textes, notamment celui sur la réintégration des soignants non vaccinés qui avait plus de chance d’être adopté.
Dominique Faure, Secrétaire d’État à la ruralité, a répondu à Aymeric Caron à la tribune, le taxant de « député parisien« , éloigné de cette cinquantaine de communes françaises où subsiste la tradition taurine. Se voulant nuancée, elle a défendu les deux positions « légitimes » à ses yeux, qui « ne doivent pas s’opposer ».
Emmanuel Ménard, députée proche du Rassemblement national et soutien de la corrida, a regretté cette interruption brutale du débat. « C’est vous qui manquez de courage aujourd’hui », a-t-elle adressé à Aymeric Caron.
Pour l’Observatoire national des cultures taurines, « en retirant son projet d’interdiction des corridas avant le vote qu’elle prévoyait défavorable, la France Insoumise a entériné la loi de 1951 [autorisant les dérogations dans certaines communes] et confirmé l’exception culturelle établie par celle-ci au bénéfice des corridas dans ses régions de tradition ».
Avant de quitter l’hémicycle Aymeric Caron a annoncé vouloir déposer « une nouvelle loi transpartisane », en espérant que les parlementaires de tous bords se rallient à sa cause qui, de fait, transcendent les clivages au sein de l’Assemblée.
« J’invite tous les groupes travailler ensemble. La corrida sera bientôt abolie. Je vous le promets », conclut-il sous les huées d’un côté, et applaudissements de l’aute.