La ministre allemande de l'Intérieur justifie la baisse de l'immigration par les contrôles aux frontières
Le nombre annuel de demandes d'asile a chuté d'un tiers en 2024, passant à 213 000 par rapport à l'année précédente, a-t-elle déclaré.
BERLIN – La ministre allemande de l’Intérieur sortante, Nancy Faeser, a attribué la baisse significative des demandes d’asile au cours de son mandat au rétablissement des contrôles à toutes les frontières allemandes.
Nancy Faeser a aujourd’hui fait le point sur son bilan migratoire lors d’une conférence de presse, alors qu’elle s’apprête à quitter ses fonctions avec le changement imminent de gouvernement.
La ministre a notamment souligné que le nombre annuel de demandes d’asile a chuté d’un tiers en 2024, pour atteindre 213 000, par rapport à l’année précédente. Il s’agit du chiffre annuel le plus bas depuis 2021, pendant la pandémie de COVID-19.
« Nous avons surtout considérablement réduit le nombre d’arrivées en Allemagne », a déclaré Nancy Faeser aux journalistes à Berlin.
« Les contrôles aux frontières intérieures de l’Allemagne y contribuent de manière significative. »
Elle a souligné que les douanes avaient refusé l’entrée à quelque 50 000 arrivants et arrêté 2 000 passeurs depuis la réintroduction des nouveaux contrôles en octobre 2023.
Nancy Faeser avait fait enregistrer les contrôles aux frontières polonaise, tchèque et suisse auprès de la Commission européenne comme une exception aux règles de la zone de libre circulation européenne, l’espace Schengen.
Cette décision fait suite à l’augmentation des critiques face à l’augmentation des franchissements irréguliers des frontières et des demandes d’asile à mi-mandat de la ministre, alors que les contraintes liées à la pandémie commençaient à s’atténuer.
L’année dernière, le gouvernement a également réintroduit des contrôles au reste des frontières de l’Allemagne après une attaque au couteau à Solingen, liée à un demandeur d’asile dont la requête avait était rejetée.
Les chrétiens-démocrates, qui devraient prendre la tête du prochain gouvernement, ainsi que les sociaux-démocrates (SPD) de Nancy Faeser, ont promis de renforcer encore les mesures migratoires.
Selon un document de la future coalition qui a fuité, ces mesures comprennent l’autorisation pour les forces frontalières de détenir les migrants devant être expulsés, l’agrandissement des centres de détention et la suspension du regroupement familial pour les demandeurs d’asile.
Les demandeurs d’asile sont également destinés à être systématiquement refoulés à la frontière « en coordination avec les voisins européens », une mesure controversée.
Avant la conférence de presse de Nancy Faeser, le président de l’Agence fédérale allemande pour l’immigration et l’asile, Hans-Eckhard Sommer, avait également provoqué un tollé en proposant de supprimer le droit individuel à l’asile, qui permet à toute personne arrivant dans le pays de demander l’autorisation de rester sur le territoire.
Il serait préférable d’établir des quotas humanitaires pour accueillir les personnes dans le besoin directement depuis l’étranger, a-t-il fait valoir.
Nancy Faeser a toutefois rejeté l’idée mardi, affirmant que « le droit d’asile n’est pas négociable pour le SPD ».
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