La ministre belge du Développement appelle à se concentrer sur les « crises oubliées »

La ministre sociale-démocrate de la Coopération au développement, Caroline Gennez, a annoncé vouloir réformer l'approche du gouvernement vis-à-vis des « crises oubliées », pour lesquelles les besoins humanitaires sont importants, mais l’aide internationale insuffisante.

/ Euractiv.com
Belgique
Récemment, l’attention de l’Europe « s’est évidemment — et à juste titre — portée sur l’Ukraine, mais il y a beaucoup plus de personnes qui ont besoin d’aide dans le monde », a déclaré la ministre au média flamand. [SHUTTERSTOCK/Alexandros Michailidis]

La ministre sociale-démocrate de la Coopération au développement, Caroline Gennez, a annoncé vouloir réformer l’approche du gouvernement vis-à-vis des « crises oubliées », pour lesquelles les besoins humanitaires sont importants, mais l’aide internationale insuffisante.

Dans un entretien avec De Morgen publié lundi (28 août), la ministre, membre du parti Vooruit (Socialistes et Démocrates européens), a insisté sur la nécessité de se concentrer sur les crises oubliées « caractérisées par des besoins humanitaires extrêmement élevés et un manque de soutien international ».

Récemment, l’attention de l’Europe « s’est évidemment — et à juste titre — portée sur l’Ukraine, mais il y a beaucoup plus de personnes qui ont besoin d’aide dans le monde », a déclaré la ministre au média flamand.

Selon elle, ce phénomène est directement lié au manque d’engagement politique et de couverture médiatique, rapporte Belga.

Dans le nouveau cadre financier, qui fixe les priorités géographiques et budgétaires pour 2023-2024, la région du Sahel, les pays des Grands Lacs, mais aussi les territoires palestiniens occupés et le Yémen, auront une place centrale. En outre, la protection des enfants et des femmes sera au cœur du programme, étant donné qu’ils sont « extrêmement vulnérables dans les situations de conflit et de catastrophe ».

Le cadre biennal, doté d’un budget de 53 millions d’euros pour les programmes humanitaires des ONG, a été approuvé par la ministre et plusieurs organisations telles qu’Oxfam, Caritas, la Croix-Rouge de Flandre et Médecins du Monde. Les ONG ont jusqu’à la fin du mois d’août pour soumettre leurs propositions de programmes et peuvent réserver une part de leur budget aux urgences, telles que des catastrophes naturelles.

Dans l’accord du gouvernement actuel, l’exécutif s’était engagé à augmenter les dépenses en matière de coopération internationale à partir de 2021 afin d’atteindre l’objectif international fixé par l’ONU de 0,7 % du revenu national brut (RNB) consacré à cet effet d’ici 2030.

En 2022, l’aide internationale belge a atteint un niveau record, avait souligné l’ONG CNCD-11.11.11 en avril dernier. Toutefois, cette augmentation est principalement due à l’aide à l’Ukraine et à la protection accordée aux personnes fuyant le conflit causé par la Russie, tandis que l’aide à l’Afrique a diminué.

En outre, « bien que [l’aide belge au développement] s’élève désormais à 0,45 % du RNB de la Belgique, elle reste inférieure à la moyenne européenne [0,57 %] et loin de l’objectif international de 0,7 % […] ».

« Pourtant, cet objectif est plus important que jamais, compte tenu du contexte international actuel, dans la mesure où la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine ont accentué l’instabilité mondiale, la faim et l’extrême pauvreté, réduisant à néant des décennies de progrès en matière de développement dans les pays du Sud, en particulier pour les plus pauvres et les plus vulnérables », a écrit l’ONG.

« Il est bien sûr très apprécié que les pays donateurs aient alloué des ressources significatives pour aider l’Ukraine et soutenir les réfugiés fuyant la guerre [dans ce pays], mais [cette aide] ne devrait pas être accordée aux dépens des pays les plus pauvres du monde, qui continuent d’avoir besoin de beaucoup plus de fonds pour atteindre leurs objectifs de développement », a poursuivi l’ONG.

Certains États membres de l’UE ont déjà atteint et même dépassé l’objectif international, comme l’Allemagne (0,8 % de son RNB), la Suède (0,9 %) ou le Luxembourg (1 %).