La pénurie de gaz en Allemagne pourrait entraver les exportations vers l’Europe

L’Allemagne est passée à un niveau d’alerte en ce qui concerne son approvisionnement en gaz, et les estimations du gouvernement laissent présager un hiver difficile. Un choix cornélien s’impose à elle : continuer à approvisionner les pays européens ou garder le gaz pour ses citoyens ?

EURACTIV Allemagne
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Gazprom, le géant gazier public russe, a réduit les flux de gaz passant par le gazoduc Nord Stream 1 à 40 % de la capacité. Le gazoduc devant être en maintenance en juillet, Berlin et le secteur en général craignent que les livraisons de gaz ne reprennent pas ensuite, ce qui mettrait l’Allemagne dans une situation très délicate.

L’Allemagne est passée à un niveau d’alerte en ce qui concerne son approvisionnement en gaz, et les estimations du gouvernement laissent présager un hiver difficile. Un choix cornélien s’impose alors à elle : continuer à approvisionner les pays européens ou garder le gaz pour ses propres citoyens ?

Gazprom, le géant gazier public russe, a réduit les flux passant par le gazoduc Nord Stream 1 à 40 % de sa capacité. Le gazoduc devant être en maintenance en juillet, Berlin et le secteur en général craignent que les livraisons de gaz ne reprennent pas ensuite, ce qui mettrait l’Allemagne dans une situation très délicate.

Éviter une pénurie de gaz « n’est possible que dans l’hypothèse où nous n’envoyons pas de gaz de nos réserves aux pays européens voisins », a expliqué jeudi le vice-chancelier allemand Robert Habeck.

Si les flux passant par Nord Stream 1 restent à 40 % de sa capacité et que l’Allemagne maintient le niveau de ses exportations vers les voisins européens, le pays serait alors confronté à une pénurie de gaz au début du mois de février 2023, prévoit l’agence fédérale des réseaux.

Dix-neuf térawattheures (TWh) de gaz viendraient à manquer, à moins de réaliser 20 % d’économies de gaz et de mettre en place une importante capacité d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) à hauteur de 13 milliards de m3.

Sans le gaz provenant de Nord Stream 1 et le maintien des exportations, la situation serait encore pire. Les pénuries de gaz commenceraient dès la mi-décembre, avec un manque total de 107 TWh. En tenant compte d’une économie de gaz de 20 % et d’une capacité d’importation de GNL, il manquerait encore 44 TWh.

La réduction des flux de gaz est estimée à 60 % du volume normal des exportations vers les pays européens, sur la base de la réduction observée du 16 au 20 juin.

Sans le gaz russe l’hiver prochain, l’Allemagne sera confrontée à un choix difficile dès la mi-décembre. Si ses voisins sont approvisionnés en gaz, son industrie pourrait alors être contrainte de s’en passer.