La police du Kosovo renforce sa présence dans le nord du pays, la Serbie réagit

La police du Kosovo a annoncé qu’elle renforcerait sa présence dans le nord du pays, majoritairement habité par l’ethnie serbe, alors que la Serbie indique qu’elle enverra ses propres forces de sécurité dans la région.

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Dispute over vehicle licence plates and personal documents between Kosovo and Serbia
Mardi, le nord du Kosovo a été le théâtre de plusieurs attaques, explosions et coups de feu en direction des commissions électorales municipales, alors que les fonctionnaires menaient des activités préélectorales. [EPA-EFE/DJORDJE SAVIC]

La police du Kosovo a annoncé qu’elle renforcerait sa présence dans le nord du pays, majoritairement habité par l’ethnie serbe, alors que la Serbie indique qu’elle enverra ses propres forces de sécurité dans la région.

Mardi (5 novembre), le nord du Kosovo a été le théâtre de plusieurs attaques, explosions et coups de feu en direction des commissions électorales municipales, alors que les fonctionnaires menaient des activités préélectorales.

Jeudi (8 novembre), la police du Kosovo a annoncé une présence policière accrue dans quatre municipalités à majorité serbe.

« La priorité de la police du Kosovo est d’assurer la sécurité de tous les citoyens. Par conséquent, en évaluant la situation actuelle et les tendances dans les municipalités du nord, la police augmentera ses effectifs dans le nord dans les prochains jours pour atteindre ses objectifs », ont-ils déclaré dans un communiqué officiel.

Les médias serbes du nord du Kosovo et ceux de Serbie ont rapporté que des membres des unités spéciales de la police du Kosovo y sont envoyés, selon REL.

Cependant, le porte-parole du gouvernement kosovar, Përparim Kryeziu, a rejeté ces affirmations.

« Il s’agit uniquement des forces de l’ordre, pas de toute autre unité », a-t-il confié à Radio Free Europe.

Le ministre des Affaires intérieures du pays, Xelal Sveçla, a déclaré que l’augmentation de la présence policière était « nécessaire » après les récents incidents survenus dans cette partie du pays.

« Nous demandons à tous les citoyens de garder leur calme et de coopérer avec la police du Kosovo, qui s’engage à assurer l’ordre et la sécurité pour tous les citoyens sans aucune distinction », a-t-il écrit sur Facebook.

Le chef du Bureau serbe pour le Kosovo, Petar Petković, a déclaré qu’environ 300 à 350 policiers du Kosovo, y compris des forces spéciales, étaient entrés dans le nord du Kosovo, accusant le Premier ministre kosovar Albin Kurti de poursuivre ses « actes illégaux et violents » pour occuper le nord du Kosovo.

Lors d’un discours à Belgrade jeudi soir, il a déclaré que la Serbie envisagerait de « renvoyer jusqu’à 1 000 de nos propres forces de sécurité au Kosovo, comme l’indique la résolution 1244 de l’ONU », rapporte N1.

Cette résolution prévoit la possibilité d’un retour au Kosovo d’un corps réduit de forces de sécurité serbes, dans des conditions particulières et sous supervision internationale.

« Le président [serbe] Aleksandar Vucic a répété à de nombreuses reprises qu’il ne permettrait pas un pogrom [qui signifie “destruction”, “pillage”] mais ils ne semblent pas l’avoir bien compris, notamment ceux de l’Ouest qui devraient contenir M. Kurti. »

« J’espère qu’après ce qui s’est passé ce soir, ils comprendront ce que signifie ce message important : nous voulons préserver notre peuple et nous ne permettrons pas à notre peuple de souffrir, d’être persécuté, harcelé ou tué. »

M. Petković a ajouté qu’en envoyant la police dans le nord, Pristina avait violé l’accord de Bruxelles.

Pendant ce temps, M. Kurti a rencontré l’envoyé spécial de l’UE pour les Balkans occidentaux, Miroslav Lajcak, à Vienne, à l’occasion d’un sommet des dirigeants des Balkans.

M. Lajcak s’est exprimé en faveur de l’intention du Kosovo de demander l’adhésion à l’UE avant la fin de l’année.

« Je me félicite de l’engagement ferme des Balkans occidentaux en faveur de l’adhésion à l’Union européenne et de l’occasion qui nous est donnée de procéder à un échange de vues », a écrit M. Lajcak.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]