La Pologne négocie une exemption à certaines dispositions du Green Deal

Le gouvernement polonais négocie actuellement avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour que le pays soit exempté de certaines dispositions du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), a confirmé un ministre polonais aux médias dimanche (3 mars).

EURACTIV Pologne
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Les agriculteurs polonais continuent de protester contre le Green Deal et la libéralisation du commerce avec l’Ukraine, qui leur a causé d’énormes pertes. [EPA-EFE/DAREK DELMANOWICZ POLAND OUT]

Le gouvernement polonais négocie actuellement avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour que le pays soit exempté de certaines dispositions du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal, en anglais), a confirmé un ministre polonais aux médias dimanche (3 mars).

L’exemption couvrirait « tout ce qui est possible, à la fois dans le cadre du Green Deal et de l’afflux de produits [importés] qui perturberaient de manière permanente le marché d’un ou de plusieurs pays », a déclaré dimanche (3 mars) le vice-ministre des Affaires étrangères Andrzej Szejna (Nouvelle Gauche, S&D) à la radio privée ZET.

« Si nous parvenons à négocier les demandes de la Pologne […] ce sera la position commune de l’UE », a déclaré M. Szejna, ajoutant que si les négociations avec la Commission duraient trop longtemps, la Pologne envisagerait des mesures telles que des blocages de frontières et des droits de douane unilatéraux.

L’argument derrière cette exemption potentielle est que la Pologne est un grand marché agricole et se situe proche de l’Ukraine.

Or, depuis la mi 2022, lorsque la Commission a suspendu les barrières commerciales avec Kiev dans le cadre des « corridors de solidarité », les agriculteurs polonais ont dû faire face à une baisse de la demande et des prix de leur production causée par l’afflux massif de produits agroalimentaires ukrainiens.

Les agriculteurs polonais n’ont cessé dès lors de protester contre le Green Deal et la libéralisation du commerce avec l’Ukraine, qui leur a causé d’énormes pertes.

En réponse, le Premier ministre Donald Tusk a laissé entendre que son gouvernement négociait la fermeture de la frontière et l’arrêt temporaire des échanges entre la Pologne et l’Ukraine, ce qui a été rejeté par Kiev.

Le cabinet de M. Tusk a ensuite déclaré qu’une telle mesure n’était pas encore envisagée.

Des consultations entre les gouvernements polonais et ukrainien sont prévues pour le 28 mars. M. Szejna s’est dit convaincu que le problème de l’inondation du marché polonais par les produits alimentaires ukrainiens serait résolu d’ici là.

Interrogé sur l’implication du président Andrzej Duda dans les négociations entre la Pologne et la Commission, le ministre a déclaré que le seul responsable de ces négociations était le gouvernement.

« C’est le gouvernement qui possède les outils [pour négocier], pas le président », a-t-il souligné.

Le sommet agricole convoqué par M. Tusk jeudi dernier (29 février) a laissé la plupart des agriculteurs présents insatisfaits de la position du gouvernement pour répondre aux revendications du secteur agricole. Les agriculteurs ont affirmé qu’ils ne cesseraient pas de protester.

« Les politiciens, qui ont été politiciens toute leur vie, sont trop lents et trop diplomatiques dans l’expression de leurs évaluations de la situation », a déclaré Andrzej Danielak de l’Union polonaise des éleveurs et producteurs de volaille à Euractiv Pologne.

« Ils ne ressentent probablement pas la douleur des agriculteurs qui produisent à bas prix et doivent en même temps rembourser leurs emprunts », a-t-il conclu.