La question de la criminalité des immigrés envenime les relations italo-roumaines [FR]

Les autorités roumaines ont appelé Rome à protéger les droits de milliers de travailleurs immigrés roumains honnêtes. Cet appel fait suite aux mesures du gouvernement italien qui visent à renforcer les sanctions à l’encontre des délinquants sexuels et à mettre en place des patrouilles de citoyens, décidées après une série de viols dont responsabilité a été principalement attribuée à des immigrés roumains. 

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Les autorités roumaines ont appelé Rome à protéger les droits de milliers de travailleurs immigrés roumains honnêtes. Cet appel fait suite aux mesures du gouvernement italien qui visent à renforcer les sanctions à l’encontre des délinquants sexuels et à mettre en place des patrouilles de citoyens, décidées après une série de viols dont responsabilité a été principalement attribuée à des immigrés roumains. 

Selon des données du gouvernement italien, le nombre exact d’agressions sexuelles a baissé l’année dernière, mais trois viols commis il y a dix jours à Rome, à Milan et à Bologne ont suscité une frénésie des médias qui a incité le gouvernement à proposer des mesures plus sévères. 

La loi approuvée par le gouvernement italien vendredi (20 février) prévoit la réclusion à perpétuité obligatoire pour les cas de viol entraînant le décès de la victime, des procès accélérés pour les délinquants sexuels suspectés pris en flagrant délit. La loi supprime en outre l’option d’assignation à résidence et procure gracieusement aux victimes une assistance judiciaire.  

La loi prévoit également la réclusion à perpétuité obligatoire pour le viol de mineur. Elle entre en vigueur immédiatement, mais doit être approuvée par les deux chambres du Parlement dans les 60 jours. 

Une des mesures les plus controversées du décret prévoit la mise en place de patrouilles de citoyens formées de bénévoles non armés.  

C’est ce dont nous avions besoin, a déclaré à la télévision italienne un résident de Guidonia, une ville à l’est de Rome avec une importante population d’immigrés. Je dois me lever à cinq heures du matin pour accompagner ma fille à la gare parce que les rues ne sont pas sûres, a-t-il indiqué. 

Les maires pourront approuver les patrouilles de citoyens. L’adhésion ou les fonctions de responsables seront en priorité accordés à des policiers à la retraite ou à des militaires en congé.  

Cette mesure a été instaurée après que des milices spéciales autoproclamées non contrôlées ont commencé à patrouiller dans certaines villes, alarmant des représentants des forces de police. 

Berlusconi vivement critiqué par le Vatican

L’opposition de centre-gauche a critiqué le décret, le qualifiant de propagande. Quant au Vatican, dont les vues sur les questions morales ont un poids important en Italie, il a indiqué que les patrouilles citoyennes constituaient une « abdication de l’Etat de droit ». 

Ce n’est pas une voie à suivre, selon Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical des migrants.

Le décret autorise en outre les autorités à détenir des immigrés pendant une période allant de deux à six mois, lorsqu’elles travaillent à leur identification, qu’elles traitent des demandes d’asile, et qu’elles expulsent ceux qui n’ont pas l’autorisation de rester. 

Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, avait indiqué que le nombre d’agressions sexuelles avait baissé de 10 % l’année passée en comparaison de 2006 et 2007, ce qui prouve selon lui que les efforts du gouvernement visant à renforcer la sécurité portent leurs fruits. 

Face aux viols récents qui ont fait la une des journaux et des télévisions, beaucoup d’Italiens ne sont toutefois pas convaincus par ces mesures. Les médias montent souvent en épingle le rôle des étrangers en tant qu’auteurs des crimes.

Certains législateurs ont également rouvert le débat sur la question de savoir si les délinquants sexuels devraient ou non être chimiquement castrés.

Des viols ont lieu toutes les 12 heurs, toutes les 24 heures, il faut y mettre un terme, a déclaré à la télévision italienne un autre résident de Guidonia, où le mois dernier un groupe de Roumains a violé une femme et battu son petit ami. 

Un ministre roumain se rend à Rome

Hier (23 février), le ministre roumain des Affaires étrangères, Cristian Diaconescu, s’est rendu en Italie à l’invitation de son homologue italien, Franco Frattini, selon la presse roumaine. M. Diaconescu a déclaré qu’il avait planifié son soutien aux autorités italiennes dans leur lutte contre la criminalité, tout en protégeant les droits et la dignité de tous les Roumains résidant en Italie. 

Le ministre roumain a souligné que les incidents récents impliquant des Roumains résidant en Italie sont des événements isolés. Il a déclaré que ces personnes doivent être punies par la loi, mais que les autres Roumains vivant en Italie ne devraient pas être persécutés. 

(EURACTIV avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EURACTIV.)