La reconnaissance du catalan, du basque et du galicien comme langues officielles de l’UE une nouvelle fois reportée

Les Vingt-Sept ont une nouvelle fois reporté leur décision concernant l’octroi du statut de langue officielle de l’UE au catalan, au basque et au galicien, en raison de l’absence d’un soutien unanime.

EURACTIV.com
European Parliament session in Strasbourg
L'ancien président catalan Carles Puigdemont au Parlement européen le 13 décembre 2023. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Les Vingt-Sept ont une nouvelle fois reporté leur décision concernant l’octroi du statut de langue officielle de l’UE au catalan, au basque et au galicien, en raison de l’absence d’un soutien unanime des États membres de l’UE.

Cela fait deux ans que Madrid a officiellement présenté une proposition visant à modifier le régime linguistique de l’UE afin d’y inclure les trois langues minoritaires les plus parlées en Espagne — ce qui nécessite l’unanimité des États membres. Les ministres européens se sont réunis mardi 27 mai à Bruxelles pour discuter de cette proposition.

Après la réunion, Pilar Alegría, porte-parole du gouvernement espagnol, a déclaré lors d’une conférence de presse à Madrid que certains pays avaient demandé « plus de temps et plus d’informations ». Elle a ajouté que l’Espagne « accepterait sans aucun doute leur demande ».

Plusieurs pays ont émis des réserves quant au coût et à la faisabilité juridique de l’intégration de trois nouvelles langues officielles de l’UE, ont confié trois diplomates européens à Euractiv.

Actuellement, l’utilisation du catalan, du basque et du galicien au sein des institutions de l’UE est régie par des accords administratifs entre l’Espagne et certains organes de l’UE. Ces langues peuvent être utilisées dans les institutions, par exemple lors de réunions ou de débats, moyennant notification préalable et autorisation.

Le coût de la traduction de toute la législation de l’UE et du recours à des interprètes et traducteurs dans les trois langues a été estimé par la Commission européenne à environ 132 millions d’euros par an. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déjà indiqué que l’Espagne serait disposée à prendre en charge l’intégralité de ces coûts.

Les ministres de l’UE avaient déjà reporté une fois leur décision sur cette proposition en septembre 2023, maintenant le nombre de langues officielles de l’UE à 24.

Un casse-tête pour Pedro Sánchez

La reconnaissance officielle du catalan à Bruxelles était l’une des principales conditions imposées par le principal parti séparatiste de droite, Ensemble pour la Catalogne (JxCAT), en échange de son soutien, qui a permis à Pedro Sánchez d’être réélu Premier ministre.

Cette demande était soutenue par les séparatistes de gauche de Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et par les partis nationalistes basques et galiciens. Les partis nationalistes basques PNV et EH Bildu souhaitent que le basque obtienne le statut officiel dans l’UE, tout comme le BNG en Galice.

Au niveau national, l’utilisation de ces langues officielles de l’Espagne dans les institutions a été approuvée en 2023, afin de permettre « l’utilisation des langues qui ont le caractère officiel dans certaines communautés autonomes ».

La prochaine étape, avait affirmé Pedro Sánchez aux séparatistes catalans à l’époque, était de garantir le statut officiel du catalan en tant que 25e langue officielle de l’UE. Mais lors de chaque tentative à Bruxelles, son gouvernement s’est heurté à l’opposition d’autres capitales européennes.

Pedro Sánchez a besoin des voix catalanes pour faire passer la plupart des textes de son gouvernement minoritaire au parlement, mais ce soutien pourrait désormais être menacé.

José Manuel Albares a déclaré mardi que le statut officiel des trois langues était « une question d’identité nationale espagnole » et qu’à ce titre, l’UE « devait protéger l’identité nationale de tous ses États membres ».

*Eddy Wax et Magnus Lund Nielsen ont contribué à cet la rédaction de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]