La relation franco-allemande toujours « étroite et ancrée dans la confiance » malgré les tensions
La Première ministre française Elisabeth Borne était à Berlin vendredi pour rencontrer le chancelier allemand Olaf Scholz afin de montrer la relation « très dense et très riche » des deux pays, selon les termes de M. Scholz.
La Première ministre française Elisabeth Borne était à Berlin vendredi (25 novembre) pour rencontrer le chancelier allemand Olaf Scholz afin de montrer la relation « très dense et très riche » des deux pays, selon les termes de M. Scholz, après des semaines de tensions.
Cette rencontre clôture une semaine de dialogues de haut niveau entre Berlin et Paris, alors que des rumeurs indiquent que le Conseil des ministres franco-allemand, initialement prévu le 19 octobre, a été reporté en raison de désaccords majeurs entre les deux gouvernements. Ceux-ci porteraient notamment sur la flambée des prix de l’énergie, le nucléaire et les questions de défense européenne.
« Nous souhaitons, plus que jamais, faire du couple franco-allemand le moteur du consensus européen », a déclaré Mme Borne lors d’une conférence de presse vendredi (25 novembre).
Elle a ajouté que les deux pays endossent une « responsabilité historique » de travailler ensemble sur des sujets clés tels que l’énergie, l’espace, l’innovation et la réponse européenne à la loi américaine sur la réduction de l’inflation. Une loi qui, selon Mme Borne, « ne doit pas conduire à des distorsions de concurrence entre l’Europe et les États-Unis ».
Olaf Scholz a déclaré que « plus les temps sont durs, plus le partenariat franco-allemand devient important » et a qualifié la relation actuelle entre les deux pays d’« étroite et ancrée dans la confiance ».
Quelques minutes avant la conférence de presse, les dirigeants ont signé un accord de solidarité énergétique pour renforcer la collaboration bilatérale sur l’approvisionnement en gaz et en électricité, et ont souligné « le rôle important de l’hydrogène pour atteindre la neutralité
climatique », selon le document officiel consulté par EURACTIV France.
Par ailleurs, les deux pays ont convenu de signer un accord intergouvernemental bilatéral visant à mettre en œuvre un mécanisme de solidarité pour le gaz naturel au premier trimestre 2023, ou lors du prochain Conseil ministériel franco-allemand, prévu en janvier. Ils devraient également mener des négociations sur un accord régional de gestion des risques en matière d’électricité.
Le document souligne également l’engagement de l’Allemagne à « reporter la sortie
progressive des centrales nucléaires [allemandes] jusqu’à la mi-avril 2023, afin de fournir
des volumes supplémentaires d’échange d’électricité à la France ».
Enfin, le document indique clairement que les deux pays s’engagent à réduire leur dépendance à l’égard des combustibles fossiles et conviennent de travailler « ensemble plus étroitement au sein des discussions au niveau européen » pour mettre en œuvre les futures mesures de réduction des prix de l’énergie.
Tout au long de la semaine, plusieurs visites ministérielles bilatérales, destinées à présenter l’alliance franco-allemande sous son meilleur jour, ont été organisées. Ainsi, la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna et son homologue allemande Annalena Baerbock se sont rencontrées lundi (21 novembre) en marge de la troisième conférence ministérielle de soutien à la Moldavie.
Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, et son homologue Bruno Le Maire se sont également rencontrés jeudi et ont convenu de « travailler conjointement pour tirer pleinement parti des capacités de croissance de l’UE, ce qui nous permettra d’accroître notre résilience économique et de réduire notre empreinte carbone ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]