La République tchèque remplace l’uranium russe par celui des États-Unis

La société américaine Westinghouse fournira de l’uranium aux deux centrales nucléaires de République tchèque, qui pourra ainsi cesser d’importer du combustible nucléaire russe.

EURACTIV République tchèque
Nuclear,Power,Plant,Dukovany,In,Czech,Republic,Europe
La République tchèque n’est pas le seul pays nucléaire à vouloir remplacer les combustibles nucléaires russes, qui ne sont pas soumis aux sanctions de l’UE. [Shutterstock/Martin Lisner]

La société américaine Westinghouse fournira de l’uranium aux deux centrales nucléaires de République tchèque, qui pourra ainsi cesser d’importer du combustible nucléaire russe. 

Depuis sa mise en service il y a près de 40 ans, la centrale nucléaire tchèque de Dukovany utilise du combustible provenant de la société russe TVEL, filiale du holding d’État russe Rosatom.

Toutefois, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, la société énergétique tchèque ČEZ, qui exploite la centrale nucléaire, a décidé de remplacer le fournisseur pour des raisons de sécurité.

Le fait de traiter avec un fournisseur occidental pour la centrale de Dukovany est une « étape importante non seulement pour le secteur tchèque de [la production] d’électricité, mais aussi pour la République tchèque dans son ensemble », explique Daniel Beneš, PDG du ČEZ Group.

« Il s’agit d’un nouveau renforcement significatif de la sécurité énergétique », a-t-il poursuivi.

Bientôt la Slovénie ?

La République tchèque n’est pas le seul pays à vouloir remplacer les combustibles nucléaires russes, même s’ils ne sont pas soumis aux sanctions de l’UE.

Le plus grand producteur d’électricité de Slovaquie, Slovenské elektrárne (SE), est également en train de chercher un nouveau fournisseur de combustible nucléaire.

« Il est clair que nous avons besoin de suffisamment de combustible provenant de sources sûres, c’est pourquoi nous essayons de nous éloigner des sources russes le plus rapidement possible », a déclaré le Premier ministre slovaque Eduard Heger après sa rencontre avec son homologue tchèque Petr Fiala, lundi (3 avril).

Jusqu’à présent, des rumeurs laissaient entendre qu’il n’y avait pas d’alternative aux combustibles russes pour les réacteurs du même type que ceux de la centrale de la centrale de Dukovany. Or, selon ČEZ, le groupe américain Westinghouse a récemment accéléré son développement et peut désormais fournir du combustible à la centrale.

Ce combustible sera produit par l’usine de Westinghouse située en Suède. Il utilisera un type de combustible similaire à celui développé pour les centrales nucléaires en Ukraine. Il s’en distinguera toutefois par certains détails techniques.

Westinghouse et la société française Framatome fourniront également du combustible nucléaire à la centrale de Temelín, également exploitée par ČEZ, à partir de l’année prochaine.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]