La République tchèque reproche à l’ONU de ne pas tenir compte des intentions du Hamas en Israël dans sa résolution
La République tchèque a rejeté la résolution de l'ONU appelant à un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, estimant que cette résolution ne tient pas compte de l’objectif de l’organisation terroriste palestinienne de détruire Israël, explique le vice-ministre tchèque des Affaires étrangères.
La République tchèque fait partie des 14 pays à avoir rejeté la résolution des Nations unies appelant à un cessez-le-feu dans la guerre qui a débuté le 7 octobre avec l’invasion du Hamas en territoire israélien, estimant que cette résolution ne tient pas compte de l’objectif de l’organisation terroriste palestinienne de détruire Israël, a confié le vice-ministre tchèque des Affaires étrangères, Jiří Kozák, à Euractiv République tchèque.
La résolution, proposée par la Jordanie et plusieurs autres pays arabes, a vu un certain nombre d’États membres de l’UE s’abstenir, tandis que quatre d’entre eux — la République tchèque, l’Autriche, la Hongrie et la Croatie — ont voté contre.
« Les discussions de l’Assemblée générale de l’ONU ont complètement ignoré la brutalité du Hamas et le fait qu’il y a encore 200 personnes, dont des enfants, kidnappées à Gaza, et se sont concentrées uniquement sur ce qui se passe à Gaza. De mon point de vue, c’est un manque de respect envers les personnes torturées ou kidnappées par le Hamas », a expliqué M. Kozák à Euractiv République tchèque.
Pour M. Kozák, le Hamas se sert des Palestiniens comme boucliers humains et utilise les hôpitaux et les écoles comme des dépôts de munitions et des quartiers généraux militaires. « L’objectif du Hamas est la destruction d’Israël, pas la prospérité de la Palestine », a-t-il poursuivi.
« L’Assemblée générale a fait abstraction de tout cela. Elle s’est concentrée sur un cessez-le-feu avec une organisation terroriste. Mais la réalité est différente. Israël ne connaîtra pas la paix, les Palestiniens ne connaîtront pas la prospérité, tant que les terroristes du Hamas continueront leur œuvre », a expliqué M. Kozák.
Vers un retrait de l’ONU ?
Suite au vote de l’ONU en faveur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas mercredi dernier (25 octobre), la ministre tchèque de la Défense, Jana Černochová (ODS, Conservateurs et Réformistes européens), a pour sa part proposé un retrait de l’organisation.
La République tchèque n’a « pas sa place dans une organisation qui encourage les terroristes et ne respecte pas le droit fondamental à l’autodéfense », a-t-elle écrit sur X samedi (28 octobre), où elle a également appelé à quitter l’organisation.
Le lendemain, Mme Černochová a ajouté qu’en l’absence des réformes nécessaires, l’ONU perdait son rôle de gardien de la paix.
La déclaration de la ministre de la Défense a ensuite été nuancée par celles du Premier ministre tchèque Petr Fiala (ODS), qui a affirmé que la République tchèque resterait membre de l’ONU pour y défendre ses positions.
Relations avec Israël
La République tchèque a toujours entretenu d’excellentes relations avec Israël et a défendu l’idée d’un État juif indépendant durant le siècle dernier.
« De nombreux Tchèques d’origine juive ont souffert et péri de la violence de la terreur nazie durant la Seconde guerre mondiale. Peu après la fin de la guerre, la Tchécoslovaquie a fait partie des partisans de l’État indépendant d’Israël », a expliqué Jiří Kozák.
« En 1948, nous avons été parmi les premiers à reconnaître Israël comme un nouvel État. Nous avons également aidé le jeune État en lui fournissant des armes et des équipements militaires », a-t-il ajouté.
« Nous sommes liés non seulement par notre désir de démocratie et de liberté, mais aussi par de riches échanges économiques, culturels, scientifiques et sociaux », a-t-il ajouté, précisant que la République tchèque considérait Israël comme un précieux facteur de stabilité dans la région.
Le vice-ministre n’a pas mentionné le blocus de Gaza par Israël, qui comprend notamment la coupure de l’Internet et de l’électricité et des entraves à l’acheminement de l’aide. Ce blocus affecte deux millions de civils alors qu’Israël poursuit son offensive.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]